Le canton de Vaud renforce son dispositif face aux violences domestiques dans le cadre de la révision de la loi vaudoise d’organisation de la prévention et de la lutte contre la violence domestique (LOVD). Il mise sur un suivi accru des auteurs, une augmentation des prestations destinées aux victimes et un renforcement du suivi policier, notamment au moyen du bracelet électronique.
En 2024, tous les homicides commis dans le canton de Vaud relevaient de la sphère domestique », a déclaré la conseillère d’Etat Isabelle Moret, devant la presse à Lausanne. « Cette statistique démontre que ces violences ne peuvent pas être considérées comme privées, mais constituent un enjeu majeur de sécurité publique », a-t-elle ajouté.
Le Bureau vaudois de l’égalité entre les femmes et les hommes (BEFH) a enregistré 1722 affaires liées à la violence domestique en 2024, en hausse de 9% par rapport à 2023. La même année, les consultations dans le centre d’aide aux victimes étaient au nombre de 1318 (+15%) et les consultations par l’unité de médecine des violences de 373 (+30%).
« Ces chiffres montrent que la parole se libère, que les victimes osent plus demander de l’aide et que les partenaires sont mieux connus. Ils impliquent cependant aussi d’adapter nos moyens face aux réalités », a poursuivi Isabelle Moret. La ministre de l’Economie, qui chapeaute le BEFH, était accompagnée de la conseillère d’Etat en charge de la santé et de l’action sociale, Rebecca Ruiz, et du ministre de la sécurité, Vassilis Venizelos.
Nouvelles mesures annoncées contre les violences domestiques en Suisse: interview de Jessica Jaccoud / Forum / 6 min. / aujourd’hui à 18:03 Nouveau refuge
Plusieurs mesures concrètes résultent de cette réforme. Les auteurs de violences devront ainsi réaliser trois entretiens obligatoires de suivi au lieu d’un seul actuellement. En outre, les auteurs frappés d’une mesure d’éloignement feront bientôt l’objet d’une surveillance 24h/24 au moyen d’un bracelet électronique. Une phase-test aura lieu durant l’automne 2026 avant un déploiement généralisé en 2027.
Les prestations en faveur des victimes, notamment l’Unité de médecine des violences se voient elles aussi renforcées. Le Centre Malley-Prairie qui héberge les victimes bénéficiera quant à lui de 5 studios de transition supplémentaires, tandis qu’un nouveau refuge ouvrira dans l’est ou le nord du canton d’ici 2029.
« Signal clair »
Les moyens octroyés à la police, qui intervient trois à cinq fois par jour en raison de violences domestiques, sont eux aussi revus à la hausse, notamment avec des référents spécialement formés. Les mineurs, qui représentent un tiers des signalements, seront par ailleurs reconnus comme des victimes à part entière dans la nouvelle loi, ce qui n’était pas le cas jusque-là.
Le Conseil d’Etat allouera quelque 6,5 millions de francs supplémentaires à cette problématique dès 2027 et quelque 9 millions à l’horizon 2029 afin de renforcer les prestations sur l’ensemble de la chaîne d’intervention.
« Avec ces investissements nous donnons un signal clair face à la violence domestique. L’inaction coûterait davantage humainement, socialement et collectivement », a conclu Isabelle Moret.
>> Voir aussi les explications de Juliette Jeannet dans le 12h45 :
Violences domestiques : les explications de Juliette Jeannet à Lausanne / 12h45 / 1 min. / aujourd’hui à 12:45
ats/miro