L’autrice-compositrice-interprète Mélissa Laveaux a souvent frôlé la mort. Dans son nouvel album ‘At My Softest, I Am Most Dangerous’ sorti le 20 mars, elle signe un lumineux voyage aux côtés des esprits. A l’image de sa culture haïtienne, où les vivants et les fantômes cohabitent en toute harmonie.

Mélissa Laveaux n’a jamais eu peur de briser les tabous. Dans son dernier album, ‘At My Softest, I Am Most Dangerous’, elle invite à une réflexion poétique sur la fragilité de la vie et la proximité de la mort. Fidèle à ses origines haïtiennes, où la relation avec les esprits fait partie intégrante de la culture, la chanteuse propose une œuvre à la fois lumineuse et profonde. « Les esprits sont toujours là. On les remarque davantage quand la mort est proche, mais ils nous accompagnent tout au long de notre vie », confie-t-elle dans l’émission Question genre du 1er mai.

L’album, conçu entre 2019 et 2020, est né d’une proposition d’écrire une nouvelle autobiographique pour un magazine caribéen. « Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai toujours trouvé l’histoire de ma naissance assez rigolote. Elle a été racontée des centaines de fois dans ma famille, chacun à sa manière », raconte Mélissa Laveaux. De cette anecdote familiale, elle a tiré un essai qui a servi de point de départ pour ce projet musical.

Dans l’album ‘At My Softest, I Am Most Dangerous’, Mélissa Laveaux aborde des épisodes marquants de sa vie, notamment les moments où elle a frôlé la mort, que ce soit à cause d’accidents ou de maladies. Sa naissance prématurée, marquée par une tempête de neige et des péripéties rocambolesques, en est un exemple. « Raconter ma naissance, ce n’est pas vraiment mon histoire, c’est celle de ma famille, mais elle m’a façonnée », explique-t-elle.

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Une résilience face aux épreuves

Mélissa Laveaux a grandi à Ottawa, au Canada, dans une famille haïtienne marquée par le déracinement et les traumatismes liés à la dictature. Elle évoque également les défis personnels qu’elle a dû surmonter, notamment l’homophobie et le racisme. « Survivre m’intéresse », dit-elle. L’artiste a su transformer ses expériences en une source d’inspiration: « Même quand la vie est difficile, elle a toujours quelque chose à nous offrir. »

L’album explore également des thématiques universelles comme le déracinement et la quête d’identité. Mélissa Laveaux a ensuite quitté le Canada pour la France à 23 ans, avec seulement 500 euros en poche, après avoir été repérée sur la plateforme numérique MySpace par un label français. Ce départ, motivé par un besoin de liberté face à une famille conservatrice, a marqué un tournant dans sa vie: « Je savais que je devais partir pour survivre. »

La musique comme exutoire

Avec ‘At My Softest, I Am Most Dangerous’, Mélissa Laveaux propose une œuvre où les mélodies envoûtantes se mêlent à des paroles poignantes. Inspirée par la musique traditionnelle haïtienne et les rythmes latins, elle évoque également des souvenirs intimes, comme celui de sa grand-mère dansant joyeusement lors d’une fête de famille. « J’ai vu une vidéo de ma confirmation où ma grand-mère dansait. Cela m’a rappelé combien la musique et la joie faisaient partie de mon enfance, malgré les difficultés », raconte-t-elle, émue.

L’album est aussi un hommage à la culture vaudou, où la diversité des identités de genre et des sexualités est célébrée: « Dans la culture vaudou, l’esprit est plus important que le corps. Les personnes queer et trans sont souvent considérées comme ayant plusieurs esprits et sont vues comme des leaders spirituels. »

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Une artiste engagée

Mélissa Laveaux ne se contente pas de chanter. Elle est également une militante féministe et LGBTQ+. Son engagement remonte à ses années universitaires, où elle a travaillé dans des centres de soutien pour les victimes de violences sexistes et sexuelles. « J’ai toujours voulu être une voix pour ceux et celles qui n’en ont pas », estime-t-elle.

Son nouvel album est un témoignage vibrant de sa capacité à transformer les épreuves en art. Avec une chanson inspirée d’une mauvaise expérience au Brésil ou une autre qui aborde son coming out et la réaction de ses parents, Mélissa Laveaux invite à conjurer les périls de la vie.

Propos recueillis par Christine Gonzalez

Adaptation web: Olivier Horner

Mélissa Laveaux, ‘At My Softest, I Am Most Dangerous’ (Revolta/Twanet). Paru le 20 mars 2026.

En concert au Théâtre du Jura, Delémont, en avril 2027.