À l’occasion des 50 ans de carrière du chanteur, un documentaire intitulé Renaud, à cœur perdu est diffusé sur France 2. L’occasion pour sa fille d’ouvrir la parole sur les épisodes de paranoïa dont il a souffert.

Une plongée intime dans la vie de Renaud . À l’occasion des 50 ans de carrière de l’artiste, un documentaire retrace son parcours, ses gloires mais également ses souffrances. Et alors que le film est diffusé ce mardi 12 mai sur France 2 à partir de 21h10, le réalisateur Tancrède Ramon et accompagné de Lolita Séchan, la fille de Renaud, étaient les invités d’Aurélie Casse dans «C à vous».

C’est d’ailleurs elle – aidée par Dominique, sa mère et première épouse de l’artiste – qui a fourni les images d’archives personnelles sur lesquelles le documentaire s’appuie. Le film Renaud, à cœur perdu aborde également un point central de la vie du chanteur : sa maladie mentale qui a souvent été confondue avec les effets de l’alcoolisme.


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«C’est d’abord un mal qui a surgi lors d’un voyage à Moscou en 1985 quand le public quitte le concert quand il chante Le déserteur. C’est sa première crise de paranoïa», a souligné la présentatrice pour recontextualiser. «Ça a été un élément déclencheur, il y a quelque chose qui s’est cristallisé là» a confirmé Lolita Séchan avant de donner la parole à son voisin de gauche, le réalisateur. «Sinon, moi je vais pleurer», a-t-elle glissé furtivement.

Sandwichs empoisonnés ?

«Il s’est mis à surinterpréter ce qu’il voyait. Il a pensé que c’était un coup monté qui était fait et a relié ça peut-être à un passé familial qui était complexe. Il s’est mis en tête que les services secrets russes voulaient l’assassiner. Ça a été une déflagration dont il s’est remis tant bien que mal dans les années suivantes mais qui a été le signe avant coureur d’une très grosse crise de paranoïa dix ans plus tard à Cuba», a expliqué Tancrède Ramon tout en précisant que cette fois, le chanteur s’imagine que ce sont les Cubains qui veulent sa peau : «Son gars sûr et meilleur ami, Mourad, devait manger des sandwichs avant lui pour vérifier qu’ils n’étaient pas empoisonnés. […] Sa peur prend tout l’espace mental et physique.»

Lolita Séchan a par la suite déclaré que la musique était en quelque sorte une échappatoire pour son père. «Il a la chance d’avoir la création qui est sa béquille pour survivre à cette peur qui monte en lui de la paranoïa», a-t-elle insisté. Et de poursuivre avec une anecdote émanant de ce fameux voyage à Cuba : «Il écrit une lettre en pleine crise de paranoïa à un ami où il dit qu’on va le tuer.» C’est d’ailleurs un élément que Renaud refusait, initialement, d’inclure dans le documentaire. Mais c’était sans compter la force de persuasion de sa fille : «Ce n’est pas par impudeur, dévoiler son linge sale. Je sais que c’est le plus intime pour lui et pour moi c’est très violent de lui demander de me faire confiance. Mais c’est parce que passer par son écriture qui a servi à écrire des poèmes, des chansons d’amour […] et la retrouver cette écriture en pleine crise de paranoïa, qui est habitée par le mal-être et la peur, c’était très important pour moi. C’est garder le manuscrit jusque dans le pire qu’on vit, qu’il a vécu lui parce que c’est sa souffrance avant tout.» La fille de Renaud a malgré tout tenu à rassurer les fans du chanteur sur son état de santé actuel en affirmant qu’il allait très bien du haut de ses 74 ans.