Eté 1936, Nice est en liesse. La classe ouvrière se réjouit de ses premiers congés payés, au grand dam d’une bourgeoisie dépitée de voir affluer sur sa promenade des Anglais des prolos en marcel. Mais le crime d’un notable de la ville va torpiller l’euphorie ambiante. A voir dès le 12 mai sur RTS 1 et Play RTS.

Après le succès des séries ‘Le bazar de la charité’ et ‘Les combattantes’, Iris Bucher, productrice initiatrice de cette collection TF1 à succès sur le combat des femmes pour leur émancipation au siècle dernier, a su se renouveler. Au lieu de se contenter de tirer mollement sur les mêmes ficelles en déplaçant juste le curseur de la Première à la Seconde Guerre mondiale pour raconter la destinée de femmes héroïques, mais engluées dans un patriarcat nauséabond, elle a d’abord opté pour ce fameux été 1936, une époque pas choisie à l’emporte-pièce.

Cette période charnière de l’histoire de France, où un gouvernement élu démocratiquement se soucie enfin du bien-être de son prolétariat, la clé d’un pays prospère, résonne parfaitement avec l’époque contemporaine qui a vu naître un Nouveau Front populaire dans une France polarisée entre deux extrêmes, comme en 1936. Il est alors apparu évident d’avoir comme toile de fond cet été si particulier et, pour se démarquer encore un peu plus des deux premières séries, de taquiner le mystery murder avec une enquête à la Hercule Poirot et un crime à résoudre qui compterait autant de suspects que de talents crédités au générique, pour offrir un grand et beau divertissement.

>> A écouter, Iris Bucher, Fred Garson et Sofia Essaïdi en interview pour la série ‘L’été 36’ : Les invité.es : Iris Bucher, Fred Garson et Sofia Essaïdi pour la série « Lʹété 36 » / Vertigo / 26 min. / vendredi à 17:06 Un meurtre dans un palace

Tout commence dans une rue en fête. Entre tube de l’époque et musique anachronique entraînante, au milieu des cris et des chants, Eugénie (Sofia Essaïdi) marche lentement dans la rue, préoccupée. Léonie (Constance Gay), également perdue dans ses pensées, est assise sur un banc. Plus loin, Blanche (Julie de Bona), en colère, casse un verre sur un ponton pendant que Giulia (Nolwenn Leroy), gouvernante d’un hôtel de luxe fixe, le regard vide aussi, les câbles de lignes téléphoniques dans son bureau. C’est alors qu’une femme de chambre hurle à l’étage du palace à la vue d’une flaque de sang devant une porte. A l’intérieur de la pièce gît le corps d’un procureur, égorgé. Ainsi débute ‘L’été 36’.

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Qui a tué cet homme et pourquoi? Alors que les protagonistes dévoilent progressivement leurs secrets et vraies personnalités, il apparaît que chacune d’entre elles aurait pu commettre ce geste funeste. A moins que le ou la tueuse ne se trouve dans leur entourage, ou même dans celui du procureur, plus louche qu’il n’y paraît. Pour mener l’enquête, François Xavier Demaison s’éclate en Hercule Poirot qui ne dit pas son nom, et prend un malin plaisir à rabaisser la nouvelle recrue Léonie, pourtant très dégourdie, fine observatrice dotée d’un sens de la déduction affûté. Malgré des qualités évidentes, elle doit batailler pour s’imposer dans cette police masculine et trop machiste pour accepter la présence d’une femme sur le terrain, fût-elle une enquêtrice hors pair.

Un casting remarquable

La série dépeint particulièrement bien cette époque où peu de femmes pouvaient s’affranchir du pouvoir des hommes sans en payer le prix fort. A l’instar d’Eugénie, contrainte de renier ses origines bourgeoises, de tourner le dos à son père industriel (Sam Karmann) et à sa mère (Miou-Miou) pour vivre une vie qu’elle s’est choisie dans les bras d’un époux ouvrier aimant, avec leur fils. D’autres cachotteries remontent à la surface durant ces six épisodes très bien écrits, emballés dans une mise en scène élégante et soutenue par des effets spéciaux haut de gamme pour rematérialiser des éléments de décors extérieurs aujourd’hui disparus, mais essentiels à l’intrigue.

>> A voir, le premier épisode de ‘L’été 36’ : Episode 1 Episode 1 / L’été 36 / 51 min. / hier à 20:54

Le réalisateur Fred Garson a su orchestrer ce barnum gigantesque devant comme derrière la caméra et tirer le meilleur d’un casting remarquable mêlant nouveaux visages et talents expérimentés du théâtre, de la télé et du cinéma. Ainsi ‘L’été 36’ mérite bien son titre de série évènement. Cette production TF1-Netflix, à laquelle la RTS a apporté sa contribution financière, est diffusée en primeur sur RTS 1 et PlayRTS dès le 12 mai, au rythme de deux épisodes par semaine.

Philippe Congiusti/ld

‘L’été 36’ d’Iris Bucher et Fred Garson, avec Sofia Essaïdi, Julie de Bona, Constance Gay et Nolwenn Leroy. A voir dès le 12 mai 2026 sur RTS 1 et Play RTS.