L’American Society of
Echocardiography (ASE) vient de publier un document de recommandations à l’attention
des professionnels de l’imagerie qui pratiquent l’échographie cardiaque pour
les aider à mieux identifier et comprendre les artefacts dans leurs pratiques.
Un groupe d’experts édite des
recommandations relatives aux artéfacts en échocardiographie
Le groupe d’experts qui a
travaillé sur ce projet propose une approche structurée pour identifier et
gérer les artefacts. Ils définissent l’artefact échographique comme une
caractéristique d’une image échographique qui ne reflète pas fidèlement
l’anatomie ou la pathologie réelle. Ces représentations sont fréquentes et
inévitables car elles résultent des propriétés physiques des ultrasons, voire d’interférences
provenant d’équipements et d’appareils externes produisant des ondes
ultrasonores.
Ce document intitulé « Recommendations
for the Identification and Mitigation of Cardiac Ultrasound Artifacts » propose
une approche uniforme et structurée de la gestion des artefacts échographiques,
incluant leur répercussion sur l’image, le mécanisme de leur génération, leur
impact clinique sur le diagnostic et la prise en charge du patient. Les experts
décrivent les artefacts comme pouvant apparaître dans tous les modes
d’échocardiographie, bidimensionnelle (2D), tridimensionnelle (3D), l’imagerie
Doppler spectrale et Doppler couleur, ainsi qu’avec l’utilisation produit de
contraste.
Les différentes caractéristiques
des artéfacts selon le mode d’émission des ultrasons
Ainsi, en imagerie 2D, l’opérateur
peut se trouver face à un artefact de réverbération simple, de réverbération
complexe, d’image en miroir, d’ombre acoustique ou inversement, de renforcement
acoustique. Il existe également des artefacts de réfraction, de largeur de
faisceau ou d’épaisseur de coupe, tous décrits en détail dans ce document.
En imagerie Doppler spectrale,
les auteurs signalent des artefacts de largeur de faisceau Doppler, d’image en
miroir/duplication ou de flux Doppler à double enveloppe. En imagerie Doppler
couleur, ils décrivent une ombre acoustique du Doppler couleur, un artefact
d’image en miroir, de diffusion de couleur ou une réverbération et réfraction
du Doppler couleur.
Citons enfin le cas de l’échocardiographie
3D, qui produit des artefacts de reconstruction, de perte de signal 3D, de flou
et de blooming 3D, ainsi que d’ombre et de réverbération, et le cas de l’échographie
de contraste qui produit des artefacts d’atténuation, d’ombre ou de tourbillonnement
du produit de contraste ou de blooming Doppler du produit de contraste.
Des conséquences potentiellement
graves en cas de ressemblance avec des anomalies pathologiques
Outre les véritables artefacts, ce
document aborde également une série de phénomènes similaires à des artefacts,
qui ne sont pas techniquement des artefacts ultrasonores et peuvent être liés à
des réglages incorrects de l’appareil (comme un gain excessif) ou correspondre
à des résultats réels parfois qualifiés à tort d’artefacts (comme des cliquetis
de valve mécanique). Il est essentiel dans ce cas que l’échocardiographiste
sache reconnaître et interpréter correctement ces anomalies et ajuster
l’appareil en conséquence.
Après cette description générale,
les auteurs mettent en lumière certains artefacts susceptibles d’avoir des
conséquences cliniques graves s’ils sont confondus avec des anomalies
pathologiques graves ou s’ils interfèrent avec leur visualisation, ou d’autres
utiles qui contribuent à un diagnostic clinique correct. Chaque artefact est
présenté de manière systématique, en décrivant son apparence, sa reconnaissance
sur l’image échocardiographique, son mécanisme de génération, sa pertinence
clinique et les méthodes permettant d’éviter ou d’atténuer les artefacts.
Accédez à l’intégralité des « Recommendations
for the Identification and Mitigation of Cardiac Ultrasound Artifacts »
ICI.