L’actrice de The Substance s’est exprimée sur l’impact de l’IA, estimant que « la combattre, c’est mener un combat perdu d’avance », et appelant à collaborer avec elle.

L’intelligence artificielle mérite-t-elle un cadre juridique ? Mardi 12 mai, Demi Moore, membre du jury, s’est exprimé lors d’une conférence de presse. Elle a pris part au débat sur l’intelligence artificielle, déclarant que « l’IA est là » et que Hollywood devrait « trouver des moyens de travailler avec elle ».

Interrogée par Variety sur l’impact de l’IA dans l’industrie cinématographique et sur la nécessité d’un encadrement plus stricte, l’actrice de The Substance a répondu de façon nuancée : « C’est une question complexe. Je pense qu’en réalité, résister ne fait qu’alimenter la résistance. L’IA est là. La combattre, c’est mener un combat perdu d’avance. Il me semble donc plus judicieux de chercher à collaborer avec elle ». 


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À la question de savoir si les artistes étaient déjà protégés, l’actrice répond : « Je ne connais pas la réponse. J’aurais donc tendance à dire probablement non ». Selon elle, l’utilisation de l’IA présente « de beaux aspects », mais ne pourra pas remplacer l’homme : « En réalité, il n’y a rien à craindre, car ce qui ne pourra jamais remplacer le véritable art, c’est son essence même : l’âme ».

Un constat partagé par une partie de la profession, déjà en alerte. L’acteur américain Matthew McConaughey a déposé des extraits vidéo de son image et de sa voix auprès de l’Institut américain de la propriété intellectuelle, afin d’en prévenir toute utilisation abusive par des outils d’intelligence artificielle.

4 000 comédiens dénoncent le pillage de l’IA

En février dernier, près de 4 000 comédiens ont également dénoncé un « pillage en règle »  du secteur. Dans une tribune, les signataires réclament un cadre juridique renforcé pour protéger les artistes face à l’exploitation de leur travail pour alimenter les modèles d’IA. « Ce sont parfois des centaines d’artistes, moins établis, qui n’ont souvent pas les moyens de refuser un contrat, qui cèdent leurs droits pour l’IA, malgré les risques pour leur image et leur avenir », alertent-ils, appelant à une régulation et à coexister.

Parmi ses signataires, on compte notamment les acteurs Swann Arlaud, Gérard Jugnot, Franck Dubosc et José Garcia, ainsi que les actrices Léa Drucker, Élodie Bouchez et Karin Viard.