Présenté hors compétition en ouverture du Festival de Cannes et sorti en salles ce mercredi, ‘La Vénus électrique’ explore les vertiges de l’imposture amoureuse et les pouvoirs troublants de l’illusion. Une tragicomédie signée Pierre Salvadori entre deuil, désir et faux-semblants.
Paris, 1928. Suzanne (Anaïs Demoustier) est exploitée pour une attraction foraine où des hommes sont invités à l’embrasser, alors qu’un courant traverse son corps, afin de ressentir le frisson du coup de foudre.
Un soir, la ‘Vénus électrique’ se fait passer pour une voyante et fait croire à Antoine Balestro (Pio Marmaï), un jeune peintre en panne d’inspiration depuis le décès de sa compagne, Irène (Vimala Pons), qu’elle parvient à entrer en contact avec la défunte aimée.
Très douée pour l’imposture, Suzanne prolonge ses fausses séances dans la demeure d’Antoine qui se remet à peindre. Pour le plus grand bonheur d’Armand, son galeriste, qui révèle à Suzanne quelques informations sur la morte pour parfaire l’illusion. Pendant qu’elle tombe amoureuse de l’homme qu’elle manipule, Suzanne découvre le journal intime d’Irène et enclenche un flashback qui la ramène en 1919.
Une imposture qui redonne vie au désir
Sorte de tragicomédie romantique dominée par les leurres, les faux-semblants et les illusions, ‘La Vénus électrique’ impose d’emblée une mécanique scénaristique aussi virtuose que séduisante.
Agréablement moderne dans sa mise en scène, le film s’attache à décrire les efforts de Suzanne pour dupliquer la personnalité de la défunte dans le but de se faire aimer par Antoine, insufflant une dimension presque nécrophile à cette romance improbable qui n’est pas sans évoquer ‘Sueurs froides’ d’Hitchcock, avec un humour tout de même bien plus marqué.
>> A voir, un sujet sur « La Vénus électrique » de Pierre Salvadori dans le 19h30 du 12 mai :
« La Vénus électrique » de Pierre Salvadori ouvre le Festival de Cannes / 19h30 / 2 min. / hier à 19:30
Et si l’art de la peinture imprègne l’ensemble du récit, c’est surtout l’artifice qui intéresse Pierre Salvadori, ici source de vérité, pont entre les morts et les vivants, réparation possible pour ceux qui pleurent leurs disparus. Jusqu’à reprendre le motif initial de la Vénus électrique dans un ultime baiser qui n’a plus rien de factice et transforme le leurre mercantile en magnifique preuve d’amour.
Rafael Wolf/sf
‘La Vénus électrique’, de Pierre Salvadori, avec Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Vimala Pons. A voir dans les salles romandes dès le 13 mai.
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