Quarante ans de peinture à Pont-Aven (Finistère), ça se fête ! Sur le quai Botrel, Christian Ruiz prépare une exposition de quatre jours. « Ici, c’est extraordinaire, l’Aven et les bateaux correspondent à ma nature, à ma façon de peindre, en plein air. Un jour, en bottes, j’ai même planté mon chevalet dans le chenal », se souvient-il.
Dix ans pour maîtriser l’aquarelle
Il s’installe sur les quais après quelques années passées sur la place Julia. « On me demande souvent combien de peintres y exposent, il n’y a que moi », sourit celui qui pratique le grand écart entre les sujets et les techniques. « L’aquarelle est une technique très difficile, il m’a fallu dix ans pour la maîtriser. » Alors qu’il avait toujours pratiqué la peinture à l’huile ou l’acrylique, la période du Covid a guidé ses recherches vers l’abstraction.
Christian Ruiz est né à Oran, en Algérie, en 1943, de parents d’origine espagnole, amoureux de la France. « J’ai passé mon enfance dans le Berry, j’ai fait des études techniques à Toulouse et me voilà employé à la Poste à Paris », raconte-t-il. La musique et les chansons sont ses autres moyens d’expression et le groupe des Cinq saisons, qu’il fonde avec deux autres garçons et deux filles, le mène de cabaret en cabaret. « Couché très tard et levé très tôt, ce n’était plus possible, j’ai arrêté la Poste. Mais il fallait bien manger alors je me suis lancé à Montmartre », se souvient l’artiste.
« Une clientèle exceptionnelle d’amateurs d’art »
Tout s’enchaîne. Il expose dans des salons parisiens et un de ses amis, directeur du centre culturel de Scaër, organise une exposition en 1983. « Le jour du vernissage, Jean-Paul Savigny m’incite à exposer à Pont-Aven. Les premières années, je m’installais pour l’été. C’était une grande période, une clientèle exceptionnelle d’amateurs d’art qui venaient à Pont-Aven pour la peinture », se remémore Christian Ruiz.
Inde, Vietnam, Écosse, Venise… Le peintre est un infatigable voyageur. « Mes souvenirs sont là, dans quinze carnets de voyage aquarellés. Ce n’était pas encore la mode ! Les personnes à qui je les montre veulent les acheter. Mais non, ils ne sont pas à vendre, plaisante l’admirateur inconditionnel de Turner. J’ai tenu ses carnets de voyage entre mes mains au British Museum. Une émotion intense ! »
Du jeudi 14 au dimanche 17 mai 2026, Galerie Ruiz, 10, quai Botrel. Vernissage le 14 mai, à partir de 17 h. Contact : 06 86 72 14 74 et christianruiz@free.fr