Le Sénat américain a validé mercredi la nomination du candidat de Donald Trump, Kevin Warsh, à la tête de la Réserve fédérale, la banque centrale des etats-Unis. Tour d’horizon des principaux défis qui attendent cet ancien gouverneur, déterminé à imprimer sa marque à l’institution.

Etre crédible

Le président Donald Trump attend sans ambiguïté que le nouveau patron de la Fed abaisse les taux d’intérêt.

Sauf que cette volonté de peser sur la politique monétaire rend Kevin Warsh suspect aux yeux de l’opposition démocrate, des investisseurs et de ses pairs, qui chérissent jalousement l’indépendance de la banque centrale.

Lors de son audition devant les sénateurs le mois dernier, Kevin Warsh s’est défini comme un « acteur indépendant ». Il a assuré que Donald Trump ne lui avait pas demandé d’abaisser les taux de la Fed et qu’il ne s’y serait « jamais » engagé.

Forger un consensus

Kevin Warsh prend la tête d’une Fed divisée, en dirigeant aussi le comité qui fixe les taux.

« Sur le papier, le président n’a toujours été qu’une voix parmi les douze du FOMC et une voix parmi les sept du Conseil. Dans la pratique, son rôle a souvent été bien plus influent (…). Mais il ne faut pas tenir pour acquis que cela restera le cas », explique Kathryn Judge, professeure de droit à l’Université Columbia, qui a étudié la Fed.

Autre configuration inhabituelle pour Warsh: son prédécesseur Jerome Powell sera dans les parages. Il a prévenu qu’il continuerait à occuper son siège de gouverneur (ce qu’il peut faire jusqu’en janvier 2028) tant qu’il ferait l’objet de pressions politico-judiciaires. Il a promis de « faire profil bas ».

Baisser les taux d’intérêt

« A court terme, le problème de Warsh, c’est qu’il voudrait baisser les taux mais que l’économie ne lui permettra pas de le faire », souligne l’économiste en chef de Moody’s, Mark Zandi.

La plupart des banquiers centraux semblent désormais focalisés sur la fièvre inflationniste liée à la guerre au Moyen-Orient.

Ils s’inquiètent de voir les investisseurs douter de leur détermination. L’inflation est supérieure à leur objectif de 2% depuis plus de cinq ans, et s’en écarte de nouveau à grande vitesse.

Les marchés commencent désormais à soupeser la possibilité que la prochaine décision de la Fed ne consiste pas à baisser les taux, mais à les relever.

Gérer Donald Trump

Ce sera « probablement le plus grand défi de Kevin Warsh », considère David Wessel, de la Brookings Institution.

« Le président ne respecte pas l’indépendance de la Fed et souhaite une baisse des taux d’intérêt. (…) A un moment donné, il pourrait s’impatienter et commencer à s’en prendre à Kevin Warsh, comme il l’a fait avec Jerome Powell », pronostique-t-il.

afp/miro