La frontière franco-genevoise va en grande partie se fermer du 12 au 18 juin. Sur fond de trauma hérité des émeutes de 2003 à Genève, lors du G8 d’Evian (F), le Conseil d’Etat a présenté mercredi son dispositif sécuritaire en vu du sommet du G7, qui aura lieu dans un mois, à nouveau dans la ville haut-savoyarde.

Seulement sept accès frontaliers

Seuls sept douanes resteront ouvertes, avec des contrôles systématiques et renforcés, nuit et jour: Anières, Moillesulaz, Thônex-Vallard, Bardonnex, Perly, Meyrin et Ferney-Voltaire. «Des délais d’attente accrus sont donc à prévoir», a averti l’Exécutif. Tous les autres points de passage seront fermés. «Le franchissement des frontières terrestre et lacustre à tout autre endroit sera interdit, quel que soit le mode de déplacement (y compris à vélo ou à pied).» Cela concerne par exemple la Voie verte. Le dispositif entrera en vigueur le 12 juin et durera jusqu’au 18 juin inclus.

Les douanes de la gare Cornavin et de Genève Aéroport resteront elles aussi ouvertes.Les douanes de la gare Cornavin et de Genève Aéroport resteront elles aussi ouvertes.Etat de Genève

Macarons spéciaux

Un système de macarons pour le personnel dit essentiel (les infirmières, par exemple) sera mis en place. «Il permettra de faciliter le passage à la frontière de ses détenteurs», a expliqué la conseillère d’Etat Carole-Anne Kast, chargée des Institutions. Cela pourrait notamment se concrétiser par la création de voies de circulation réservées, aux postes de douane.

Transports publics maintenus

Les bus et les trams des TPG, tout comme les trains du Léman Express, continueront de circuler. Cependant, des perturbations et des restrictions sont à prévoir sur les liaisons transfrontalières. Si le détail des modalités reste à fixer, des contrôles pourraient ainsi avoir lieu à la gare d’Annemasse (Haute-Savoie) ou dans les rames du Léman Express.

Laurent Guiraud/Tamedia

Défilé anti-G7: l’inconnue

À un mois du sommet, il reste cependant des questions en suspens – et pas des moindres. Ainsi, le sort de la grande manifestation No-G7, annoncée pour le dimanche 14 juin, n’est pas scellé. Des discussions sont toujours en cours pour savoir si le Canton l’autorisera ou pas.

Le versement d’indemnités aux commerces et entreprises, en cas de déprédations, est lui aussi à l’étude. Par contre, a précisé le Conseil d’Etat, «nous écartons à ce stade toute aide financière aux établissements ou sociétés si une partie de leur personnel devait manquer à l’appel en raison des difficultés de mobilité durant cette période». Selon lui, rien ne justifie un soutien, «alors qu’aucune activité économique n’est frappée d’interdiction.» De quoi ulcérer la Société des cafetiers restaurateurs, qui face à «une inévitable chute du chiffre d’affaires», a réitéré ses exigences: des indemnisations pour perte d’exploitation, et pour les coûts de sécurisation des établissements des «zones à risque».

Police et armée sur le qui-vive

Les quelque 1500 collaborateurs de la police genevoise seront tous mobilisés pour l’événement. Ils seront appuyés par des collègues de toute la Suisse, notamment des cantons de Vaud et du Valais, ainsi que par plus de 2000 soldats (pour notamment monter la garde devant des ambassades, à l’aéroport et à la frontière, «mais sans mission de police» a précisé le Canton). Des policiers français pourront aussi évoluer sur territoire genevois, au sein des patrouilles transfrontalières actives depuis des années.

Le Canton a renouvelé ses incitations au télétravail, «partout où cela est possible», que ce soit dans le secteur privé ou au sein de sa propre administration. Il a aussi préconisé le report des rendez-vous non urgents. Les prestations à la population, comme les écoles, seront par contre assurées, a indiqué le Conseil d’Etat.