Dans un style épuré et vif, fait des à-plats qui lui sont chers, l’illustratrice lausannoise Lisa Voisard dévoile dans ‘Florama’ la délicatesse morphologique, les environnements et secrets des fleurs. Un ouvrage qui invite à observer plutôt qu’à cueillir.

Après les arbres (Arborama), les oiseaux (Ornithorama) et les insectes (Insectorama), la graphiste et illustratrice lausannoise Lisa Voisard épingle les fleurs à sa boutonnière. Sous la couverture rose de cet herbier vulgarisateur, affichant fièrement un calendula, 80 fleurs d’ici (la majorité) et d’ailleurs (quelques-unes), révèlent leur complexité et leur beauté.

J’ai essayé de prendre des fleurs qu’on connaît bien, d’autres qu’on connaît moins bien. Des fleurs faciles à observer, en sortant de chez soi. Des fleurs communes, mais aussi des fleurs que j’apprécie personnellement.

Lisa Voisard, extrait du podcast QWERTZ Anatomie d’une fleur Planche du livre "Florama" de l'illustratrice lausannoise Lisa Voisard [Helvetiq SA.] Planche du livre « Florama » de l’illustratrice lausannoise Lisa Voisard [Helvetiq SA.]

Dans cette entrée en matière vulgarisatrice, destinée en premier lieu à un public dès 8 ans, mais qu’on peut apprécier à tout âge, Lisa Voisard introduit les notions de classification et de botanique basiques: pistils, étamines, pétales, sépales ou tépales, pour des fleurs annuelles ou vivaces. On apprend à reconnaître celles qui sont simples comme la tulipe, et composées comme les pâquerettes, dont les pétales sont en réalité de petites fleurs ligulées.

Une fois les présentations faites, s’ouvre une galerie de portraits colorés, à la façon des anciens codex botaniques, où bourgeonnent la capucine au goût moutardé, le bleuet sensible, le bouton-d’or redouté des jardiniers, ou le chardon-Marie aux vertus hépatiques. Des anecdotes accompagnent chaque variété: saviez-vous que la graine de coquelicot (un peu précoce cette année) peut rester endormie pendant 100 ans dans le sol, et que cette merveille vermillon doit son nom au chant du coq, dont la couleur rappelle la crête?

Superstars et discrètes

Dans ‘Florama’, les fleurs spectaculaires côtoient celles qui préfèrent rester dans l’ombre. Si la présence de superstars comme la tulipe, le tournesol, l’iris ou la rose s’impose nécessairement dans ce type d’ouvrage, pour Lisa Voisard il est tout aussi important d’attirer l’attention sur le myosotis alpestre, la gentiane acaule, menacée, ou l’oxalis des bois, pas plus haute que 15 cm et qui aime les mousses fraîches des sous-bois. Facilement reconnaissable, elle arbore de jolies petites fleurs blanches qui la distinguent du trèfle, avec lequel on la confond souvent.

>> A écouter: l’entretien avec Lisa Voisard, autrice de ‘Florama’, dans QWERTZ : Entretien avec Lisa Voisard, autrice de ‘Florama’ / QWERTZ / 27 min. / hier à 00:00 Observer sans cueillir

Symboles de fragilité et d’éphémère, les fleurs embellissent notre planète depuis 140 millions d’années. Pourtant, leurs habitats et leur diversité sont plus que jamais menacés par les bouleversements climatiques et l’agriculture intensive. Dans ce contexte, ‘Florama’ se veut aussi une invitation au respect et à l’amour du végétal, qui, d’après Lisa Voisard, s’éveille dès l’enfance. On est invité à observer la fleur sans jugement – ni le liseron, ni le chardon-Marie, ni le bouton d’or ne sont qualifiés de « mauvaises herbes ». On apprécie sans cueillir et surtout, on réfléchit avant d’acheter ce bouquet de roses cultivées à grand renfort de pesticides dans de grandes serres chauffées à l’autre bout de la planète. Qu’on en prenne de la graine !

Ellen Ichters/sf

Lisa Voisard, ‘Florama’, ed. Helvetiq, février 2026.

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