Le Vatican a adressé mercredi un dernier avertissement à la communauté catholique traditionaliste Saint-Pie X, à Ecône (VS), stipulant que les ordinations d’évêques prévues le 1er juillet constitueraient un acte schismatique et que l’excommunication tomberait automatiquement.
Le pape Léon XIV prie pour que les dirigeants de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) « reconsidèrent la décision extrêmement grave qu’ils ont prise », a déclaré le cardinal Victor Manuel Fernandez, préfet du dicastère de la Doctrine de la foi, dans un communiqué publié mercredi.
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La FSSPX, fondée par l’évêque français Marcel Lefebvre, avait mis le feu aux poudres en février en annonçant son intention de procéder à de nouvelles ordinations d’évêques le 1er juillet. Le cardinal Victor Manuel Fernandez avait reçu le supérieur de la FSSPX, Davide Pagliarani, lui proposant un dialogue théologique, mais avec une condition: suspendre les ordinations. La Fraternité a refusé, affirmant que « le besoin des sacres est un besoin concret à court terme pour la survie de la Tradition ».
Le cardinal avait alors souligné qu’une ordination sans l’aval du Saint-Siège « impliquerait une rupture décisive de la communauté ecclésiale (schisme) » et empêcherait toute poursuite du dialogue. Le communiqué du dicastère de la Doctrine de la foi de mercredi fait donc office d’avertissement final.
Accomodements du Vatican
Fondée en 1970 à Ecône, en Valais, et actuellement basée à Menzingen (ZG), la FSSPX est attachée à la messe tridentine, rite marginal célébré en latin par un prêtre tournant le dos aux fidèles. Elle a rapidement pris ses distances avec le Saint-Siège, refusant de « suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante » née selon elle du concile Vatican II.
Cette très probable excommunication est l’un des premiers grands dossiers doctrinaux pour Léon XIV. Ses prédécesseurs avaient cherché à accommoder la Fraternité.
Après avoir perdu en 1975 sa reconnaissance canonique par l’Eglise catholique, elle avait ordonné illicitement quatre évêques en 1988, entraînant une excommunication immédiate. Celle-ci avait été annulée en 2009 par le pape Benoît XVI et son successeur François avait rétabli à partir de 2015 la validité des confessions et des mariages célébrés par des prêtres de la Fraternité.
A chaque fois, Rome faisait des concessions, mais la Fraternité non. Aujourd’hui, Léon XIV semble avoir décidé d’en finir avec les accommodements progressifs. Si le schisme devait se concrétiser, plus de 500’000 fidèles et 700 prêtres basculeraient complètement hors de la communion avec Rome. La Suisse abriterait alors le centre de gravité d’une Eglise parallèle de plus d’un demi-million de catholiques.
Sujet radio: Vincent Stöcklin
Adaptation web: Emilie Délétroz avec agences