Pour fêter leur anniversaire, les Franciscaines de Deauville s’offrent un manifeste de verre ! L’ancien couvent reconverti il y a cinq ans en un superbe lieu culturel inaugure ce mercredi 13 mai sa première commande pérenne : un vitrail contemporain monumental conçu par Clara Rivault, jeune artiste dont le travail mêle techniques verrières traditionnelles et expérimentations photographiques.

Installée au-dessus de l’entrée de la Grande Galerie, l’œuvre entend prolonger le dialogue entre patrimoine et création qui structure le projet des Franciscaines depuis son ouverture en 2021. Elle renoue en effet avec l’histoire spirituelle du bâtiment : la chapelle, devenue auditorium, conserve déjà des vitraux anciens retraçant la vie de saint François.

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Une artiste qui réinvente le vitrail

Diplômée de l’École supérieure des beaux-arts de Montpellier et de La Cambre de Bruxelles, puis formée au travail du verre au centre international d’Art verrier de Meisenthal, Clara Rivault (née en 1991) s’est démarquée ces dernières années par sa pratique singulière du vitrail, où l’image photographique semble flotter dans la matière translucide. Elle a notamment déjà réalisé en 2024 une œuvre monumentale pour la façade du siège de l’Institut français à Paris, mais aussi les vitraux de l’église Saint-Paterne à Saint-Pair-sur-Mer, qui seront inaugurés début 2027, ainsi qu’un autre pour la tombe de Lisa Gherardini, modèle de la Joconde de Léonard de Vinci, au musée Sant’Orsola à Florence.

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Une évocation de la multiplicité des Franciscaines

Intitulé « Ceux qui traversent », ce projet deauvillais s’incarne comme une œuvre à double face, visible autant depuis l’extérieur que depuis l’intérieur du bâtiment. Deux vitraux se répondront ainsi de part et d’autre de l’architecture ancienne réhabilitée par l’architecte Alain Moatti. Au travers de transferts photographiques sur verre, de plomb ancien et de jeux de lumière, l’ensemble convoque les multiples identités du lieu : les pierres du cloître, l’univers équestre cher à Deauville, les couleurs du peintre André Hambourg, ou encore les silhouettes des visiteurs eux-mêmes. Le tout forme une œuvre vivante animée par la lumière normande.

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