On en est déjà à la quatrième saison de « Bellefond ». En débutant la série, vous pensiez qu’elle fonctionnerait autant ?
On espère toujours que ça s’inscrive dans la durée, mais cela dépend du choix des téléspectateurs. Ce qui est formidable, c’est qu’ils ont validé ma présence. Parce que ce sont souvent les médias qui s’interrogent sur ma légitimité à être acteur. Aujourd’hui, les gens disent : « Oui, il est légitime pour jouer la comédie. » C’est agréable et cela me conforte dans ce désir que j’avais d’avoir un pied dans la fiction.
Comment jugez-vous l’évolution de votre jeu d’acteur ?
C’est toujours en progrès. Je travaille énormément. J’ai la chance d’avoir un coach extraordinaire, Jean-Pierre Pancrazi, qui a travaillé avec de nombreux grands comédiens. Au fond, je prends des cours du conservatoire sur le tard. J’ai aussi la chance d’être porté par toute une équipe, notamment des réalisatrices qui sont des femmes formidables et sans concession. Si j’étais mauvais, elles me le diraient. Et quand vous êtes face à des acteurs comme Virginie Lemoine ou Antoine Duléry, cela vous oblige à être bon. C’est comme au tennis : pour progresser, il faut jouer avec des gens meilleurs que soi.
Vous comprenez néanmoins les critiques que vous avez essuyées au début ?
Bien sûr. Je vois les maladresses. Et puis, avant, j’avais déjà fait « Meurtres en Lorraine » et un autre téléfilm, « Pour l’honneur d’un fils », où j’avais été beaucoup moqué à cause d’une scène devenue virale, où l’on me voyait tuer quelqu’un avec un drone. Cela m’a servi de leçon, mais cela m’a aussi beaucoup amusé. Et ça a attiré quatre millions de téléspectateurs. Donc si l’on vous reproche quelque chose, autant le cultiver. Quand la critique fait parler, c’est toujours utile.
Dans « Danse avec les stars », vous étiez devenu la mascotte de la saison. Cela a rajeuni votre image ?
Oui, complètement. D’ailleurs, je viens de m’arrêter dans une station-service et des enfants disaient à leur père : « Regarde, c’est le monsieur de « Danse avec les stars ». » C’est assez amusant. Pour moi, c’est aussi une manière de me lancer de nouveaux défis, pour ne pas me sentir ankylosé ou corseté dans un registre. J’aime bien être là où on ne m’attend pas. Je le fais avec la fiction, avec « Danse avec les stars » et, récemment, en tournant des pastilles pour le défilé du 14 juillet, en me prêtant à un parcours du combattant. Je crois que le jour où vous vous sentez comme une institution à la télévision, vous êtes mort. Il faut toujours se remettre en question ! A la télé, on n’est propriétaire de rien, d’aucune case. On peut disparaître du jour au lendemain. Il faut donc toujours se réinventer, c’est une obligation.
Toutes les générations connaissent l’animateur. – Photo News
Déjà au début des années 2000, lors de votre arrivée sur Canal+, vous aviez pris plaisir à casser votre image ! Vous avez toujours fait preuve d’autodérision…
Il faut savoir rire de soi-même, tout en faisant son travail sérieusement. On doit garder ce recul un peu décalé, sinon ce n’est pas possible.
Votre prochain défi, c’est de reprendre « La carte aux trésors », où vous succédez à Cyril Féraud. Les épisodes sont-ils déjà tournés ?
J’en ai tourné trois, et deux autres doivent encore être réalisés. Mais pour des raisons économiques, on reprendra sans doute les tournages fin 2026. Les premiers numéros devraient passer cet été. C’est une expérience formidable. J’ai essayé d’y apporter ma touche personnelle, c’est très axé sur le patrimoine. Il y aura toujours l’hélicoptère, mais je fais aussi davantage de choses à pied. Je descends pour aller à la rencontre des habitants, des propriétaires ou des défenseurs du patrimoine.
Le patrimoine, c’est vraiment une cause qui vous tient à cœur. Vous êtes ainsi à la tête de la mission pour la sauvegarde du patrimoine que vous a confiée Emmanuel Macron. C’est l’une de vos fiertés ?
Oui. On vient d’annoncer dix-huit sites emblématiques qui bénéficieront du Loto du patrimoine, dont je m’occupe, pour leur restauration, parmi lesquels le fort Boyard. En neuf ans, grâce à ce Loto, nous avons récolté 365 millions d’euros pour le patrimoine en péril. Ce n’est pas rien. C’est du concret. Après, certains disent que je réussis grâce à des soutiens politiques… Mais quoi qu’il en soit, ce sont des millions d’euros qui ont été récoltés. Et on va continuer.
Photo News
Le fait qu’on vous ait considéré comme un soutien d’Emmanuel Macron suite à cela, ça vous agace ?
Oui, surtout avec tous les coups de gueule que j’ai pu pousser contre lui. Moi, je suis bénévole dans cette mission, je ne suis pas payé par l’Etat ni par les Français. Et quand on est bénévole, on est libre. Donc oui, je n’ai pas d’affiliation politique particulière. J’ai toujours dit que mon seul parti, c’était le patrimoine.
Vous aviez expliqué il y a deux ans que parfois, vous acceptiez des émissions à cause des dettes – 4 millions d’euros de prêt – que vous avez contractées pour la restauration du Collège royal et militaire que vous avez acquis en 2013…
Les vieilles pierres sont des maîtresses très exigeantes, à la fois en temps et en argent. Mais c’est ma passion. Et c’est aussi une manière de comprendre concrètement ce que signifie entretenir le patrimoine : cela demande beaucoup d’efforts et de sacrifices. Personne ne m’y oblige, et je ne demande pas de compassion. J’ai choisi cette vie. Mais je vous rassure, je suis sélectif dans ce que je fais à la télé. Au contraire, j’en fais moins qu’avant. Et vous ne me verrez jamais faire de la télé-réalité. Ce serait un trop grand écart. J’aime apporter du contenu, de la connaissance, du savoir, mais avec aussi de l’humour. J’essaie de montrer que la culture peut être populaire.
Les week-ends avec son compagnon, c’est sacré !
Avec toutes ses activités, on se demande où Stéphane Bern trouve encore du temps pour sa vie de couple avec son compagnon, Yori Bailleres. « Yori est très compréhensif », nous confie Stéphane. « Nous nous retrouvons régulièrement pour nous détendre et être ensemble, notamment au Collège royal et militaire, que nous ouvrons au public. Nous avons créé ensemble la marque Collège royal, ainsi qu’une ligne de vêtements. C’est une aventure commune, qui mêle plaisir et travail. Nous passons beaucoup de temps à réfléchir ensemble, à développer des projets. Cela nous permet d’être à deux. C’est beaucoup plus équilibré que cela a pu l’être. Maintenant, il n’y a plus un seul week-end de tournage, c’est terminé ce temps-là. Le week-end, c’est sacré ! »
Avec Yori au « Bal de la Rose » à Monaco en mars dernier. – Photo News
Par contre, lorsqu’on veut savoir s’il demande toujours l’avis de Yori avant de se lancer dans un projet, il nous répond : « Pas toujours, même si je devrais le faire. Mais je sais bien présenter les choses. Et c’est lui qui m’a poussé à faire « Danse avec les stars ». » Et d’apprécier notamment les publications, souvent empreintes d’humour, que Yori fait avec lui sur Instagram. « Cela fonctionne bien parce qu’on se moque de nous-mêmes. »
« Bellefond », jeudi 14 mai à 20h30 sur la Une.