Une souche rare d’hantavirus, le type Andes, est sous surveillance après le foyer qui a touché un navire hollandais. Les caractéristiques de ce pathogène et son mode de transmission donnent des informations sur les mesures de prévention à adopter.
Un hantavirus rare, de type Andes, est au centre des préoccupations sanitaires après une épidémie survenue à bord du navire hollandais MV Hondius. Ce virus, appartenant à une vaste famille de pathogènes hébergés par des rongeurs, est le seul connu pour se transmettre entre humains.
Une épidémie similaire avait déjà été observée en Argentine entre novembre 2018 et février 2019, infectant 34 personnes et causant 11 décès.
Une transmission interhumaine documentée
Gilbert Greub, directeur de l’institut de microbiologie du CHUV, explique au micro de CQFD que ce virus a été découvert en Argentine en 1996. Il a refait surface lors de l’épidémie de 2018-2019 dans la ville d’Epuyén. « Ce fut la première fois qu’une transmission de personne à personne a été clairement documentée pour un hantavirus », précise-t-il. L’épidémie s’est propagée lors d’un rassemblement social, favorisée par une forte charge virale chez les personnes infectées.
Analyse de l’hantavirus en Argentine. [AFP – DIEGO LIMA]
Les hantavirus se transmettent généralement par inhalation d’urine ou d’excréments de rongeurs infectés. Cependant, le type Andes se distingue par sa capacité à se propager par voie interhumaine, notamment via les sécrétions respiratoires et urinaires. Une autre particularité de ce virus est sa longue période d’incubation, qui peut atteindre jusqu’à huit semaines. Cela justifie les mesures de quarantaine prolongées, comme celles mises en place sur le navire.
La famille des hantavirus compte près de 20 souches différentes. Sur le continent américain, les infections sont principalement associées à des syndromes pulmonaires, tandis qu’en Europe et en Asie, elles provoquent des atteintes hépatiques et des fièvres hémorragiques. Le taux de mortalité varie également: environ 33 % pour les souches américaines, contre 10 à 15% pour celles du reste du monde.
Prévention et mesures à adopter
Pour éviter ces infections rares, il est conseillé faire attention aux potentiels contacts entre l’humain et les rongeurs et leurs excréments. En cas de nettoyage de lieux potentiellement infestés, il est recommandé de désinfecter les surfaces, d’humidifier les sols pour éviter de mettre en suspension des particules contaminées, et de porter un masque et des gants.
Malgré sa rareté, le virus Andes reste une menace sérieuse. Toutefois, Gilbert Greub se veut rassurant: « Ce virus mute peu, ce qui limite les risques d’évolution vers une souche plus dangereuse. » Une caractéristique qui, selon lui, est plutôt positive pour la gestion des épidémies futures.
Sujet radio: Cécile Guérin
Adaptation web: Laure Pagella