Pas du style à rester figée toute la journée devant un écran. Ou si, mais alors pour remodeler les images et manipuler les lignes de code Python. À 18 ans, cette jeune fille de Rédéné a déjà compris que ce n’est pas parce que personne n’avait encore essayé que ce n’était pas possible. Après seulement quelques semaines de cours de codage, elle est en train de créer sa petite application, qui pourrait bien se révéler fort utile pour les compagnons des rongeurs domestiques.

Éléonore Le Doze vient de boucler un CAP commerce en alternance, et se retrouve en prépa avenir jeune, un dispositif pour aider les 16-25 ans à trouver leur voie. Ce qui l’amène à embarquer avec d’autres jeunes dans la salle de concert (et de formation) de La Loco, à Quimperlé. C’est là qu’on la rencontre, sur le projet de décoration extérieure auquel elle participe. Elle sort de sa poche son smartphone. « Ça s’appelle Chipi miam », sourit-elle, en allumant son écran. « Je viens de terminer un stage chez un photographe. C’est aussi un ancien informaticien, il m’a guidée. J’ai remarqué que le développement informatique m’intéressait et je m’oriente vers cette voie-là », confie-t-elle. Sans aucune notion préalable, Éléonore s‘est attaquée au Python, le langage de programmation, et a commencé à coder directement dans le terminal. En seulement quatre semaines, dont une de développement intensif, le projet « Chipi Miam » est né.

18 ans seulement, mais beaucoup de suite dans les idées.18 ans seulement, mais beaucoup de suite dans les idées. (Le Télégramme/Gwen Rastoll)Une encyclopédie de la carotte (et bien plus encore)

L’idée ne sort pas du chapeau d’un magicien, mais vient des soucis de santé de sa propre lapine. « Les gens qui ont des lapins ne savent pas forcément quoi leur donner », explique la jeune développeuse, propriétaire de Chipi depuis quatre ans. Pour garantir la fiabilité de son outil, elle s’est appuyée sur des blogs spécialisés recommandés par des vétérinaires. L’application est un véritable couteau suisse pour les propriétaires de boules de poils. « On y trouve un guide sur la nutrition sur mesure. Par exemple, l’utilisateur coche les aliments (aromatiques, légumes, racines) et l’appli calcule les proportions et génère des statistiques quotidiennes ou mensuelles. Il y a aussi une encyclopédie intégrée qui liste les races, mais surtout les aliments toxiques et chimiques à bannir ». Chipi Miam, c’est également un assistant personnel : « Un carnet de santé numérique permet de suivre le poids et, surtout, d‘envoyer des notifications pour ne plus jamais zapper un rappel de vaccin ». Pour la touche fun, l‘appli propose des jeux et une galerie pour stocker les clichés de son champion aux grandes oreilles.

Pour l’instant, « Chipi Miam » est encore en construction sur GitHub, la plateforme de partage des développeurs. Mais la jeune fille voit déjà plus loin. « Si pour moi, elle est finie, je la proposerai à la vente pour aider les personnes qui ont de nouveaux lapins ». Elle espère ainsi voir son bébé débarquer sur le Play Store ou l’Apple Store. Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Si le succès est au rendez-vous, Éléonore imagine déjà décliner le concept pour les chiens et les chats.