Après le scandale qui secoue l’Hôpital universitaire de Zurich, l’ancien chef du Service de chirurgie cardiaque sort du silence. Francesco Maisano rejette les accusations d’un rapport d’experts publié au début du mois, qui évoque des décès suspects et des opérations chirurgicales problématiques sous sa direction.

Francesco Maisano n’a rien dit pendant dix jours. Mais vendredi, il a décidé de contre-attaquer, sans prendre de gants. « A Zurich, ils n’ont jamais accepté d’avoir un Italien à la tête du service », a-t-il expliqué dans la presse italienne.

L’ancien chef du Service de chirurgie cardiaque de l’Hôpital universitaire de Zurich, en poste jusqu’en 2020, est accusé d’usage de matériel médical inadapté, avec des conséquences dramatiques: une surmortalité des patients a été constatée entre 2016 et 2020. Ce sont les conclusions d’une enquête commandée par l’établissement hospitalier.

Recours au ‘Cardioband’

Autre reproche: le recours à une technique expérimentale de réparation des valves cardiaques, le ‘Cardioband’, qui serait liée à plusieurs décès suspects.

Dans la presse italienne, le chirurgien conteste fermement les accusations portées à son encontre au début du mois. « Sur 4500 interventions, il n’y en a eu que 44 avec le ‘Cardioband’ […] Un chirurgien se juge sur les vies sauvées et non sur l’absence de risques. Je continuerai d’opérer comme ça. Je ne vois pas d’autre façon d’exercer ce métier avec intégrité. »

90 signalements reçus

La publication du rapport a provoqué une vague de réactions. L’Hôpital de Zurich a reçu 90 signalements de personnes potentiellement victimes d’erreurs médicales.

Parmi elles, Daniel Rüegg, informaticien retraité, opéré sous la supervision du professeur Maisano en 2018. Des complications l’ont contraint à subir 26 interventions en deux mois. A l’époque, il avait demandé des comptes à l’hôpital, qui avait contesté toute responsabilité. Aujourd’hui, malgré la publication du rapport, il a tourné la page.

Je préfère me concentrer sur le reste de ma belle vie

Daniel Rüegg, ancien patient

« Je n’ai pas envie de passer encore des années sur cette question. En tant que patient, on est dans une situation juridique relativement délicate. Je me suis dit qu’il y aurait un long débat avec des expertises et des contre-expertises. Je préfère me concentrer sur le reste de ma belle vie », explique-t-il au micro du 19h30.

Francesco Maisano, lui, est aujourd’hui le chef du Service de chirurgie cardiaque d’un hôpital de renom à Milan. Mais il pourrait être inquiété par le Ministère public zurichois qui évalue les éventuelles responsabilités pénales dans cette affaire.

SRF/fgn