Le Centre Vaud a élu mardi soir son nouveau président. Giancarlo Sergi succède à Michele Mossi, qui assurait l’intérim depuis le retrait de Mario-Charles Pertusio. Mercredi, dans La Matinale, il a estimé que la crise qui secoue le parti n’est pas uniquement liée à Valérie Dittli, mais l’explique aussi par « la dynamique du parti qu’il faut faire évoluer ».

Giancarlo Sergi est surtout une figure connue en dehors du sérail politique. Il s’agit de l’ancien président de Swiss Basketball, nommé en 2014. De 2022 à 2025, il a également été directeur général du Béjart Ballet Lausanne (BBL). Le président d’Echichens est le président du Centre du district de Morges depuis septembre 2025.

Giancarlo Sergi a été élu en assemblée générale à la Tour-de-Peilz par acclamation dans un « climat assez bon », avec des échanges, des discussions et de l’émotion, a rapporté l’intéressé au micro de la RTS. Il était opposé à Gabriel Mühlebach, qui a finalement retiré sa candidature.

>> Le récit de l’assemblée dans le 12h45 : A l'assemblée générale du Centre vaudois, Dittli sort à nouveau gagnante A l’assemblée générale du Centre vaudois, Dittli sort à nouveau gagnante / 12h45 / 2 min. / aujourd’hui à 12:45

Gabriel Mühlebach avait été battu en juillet 2025 par Mario-Charles Pertusio, alors syndic d’Eysins et président du Centre du district de Nyon. Ce dernier s’était ensuite mis en retrait pour des raisons de santé, d’où l’intérim assuré par Michele Mossi.

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Avant ce dernier, Ludovic Paschoud, vigneron-encaveur à Lutry, avait été élu en juin 2024 à la tête du parti, succédant à Emilio Lado, en place, lui, depuis juin 2022. Giancarlo Sergi est donc le cinquième président du Centre Vaud en trois ans.

« Pas ma première crise »

Le nouvel élu a décrit une assemblée générale « assez constructive et positive ».

Valérie Dittli a pris la parole pour s’expliquer et a été applaudie. Giancarlo Sergi s’est dit « convaincu » par ses explications. « C’est important d’écouter sa version », souligne-t-il.

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Interrogé sur sa stratégie pour redresser le parti et regagner la confiance des membres et des électeurs, Giancarlo Sergi a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la communication interne, de fédérer les membres et de retrouver une dynamique positive. « Ce n’est pas ma première crise », a-t-il affirmé. « Je les règle à chaque fois et j’ai ma méthode. Elle est très consensuelle, très à l’écoute (…) J’ai été formé à la gestion de crise », a-t-il poursuivi.

Giancarlo Sergi a également souligné l’importance de ne pas réduire la crise actuelle à la seule figure de Valérie Dittli, mais de s’atteler à résoudre les problèmes structurels du parti. « Il faut décortiquer le problème. Et il n’est pas uniquement Valérie Dittli. Nous devons aussi faire évoluer la dynamique du parti. »

Elections cantonales et fédérales de 2027 en vue

Concernant l’avenir politique de la conseillère d’Etat vaudoise, le nouveau président est resté prudent, indiquant que la décision serait prise collectivement dans les semaines à venir. Il a néanmoins reconnu que cette question est cruciale pour l’avenir du parti, notamment en vue des élections cantonales de 2027. Les alliés de droite du Centre, le PLR et l’UDC, ont déjà annoncé qu’ils ne soutiendraient pas une candidature de Valérie Dittli.

Cette affaire résonne au-delà du canton de Vaud, avec des répercussions sur le parti au niveau national. Les élections fédérales en 2027 sont donc un enjeu pour le Centre vaudois. Le nouveau président a ainsi assuré que le parti mettrait en place un plan d’action précis pour avancer rapidement et proposer des solutions et des alternatives.

>> L’interview de Giancarlo Sergi dans La Matinale : Assemblée générale du Centre vaudois, secoué par l’affaire Dittli: interview de Giancarlo Sergi / La Matinale / 7 min. / aujourd’hui à 07:18 Les médias pas invités

L’assemblée générale de mardi soir n’était pas ouverte aux médias. Elle devait potentiellement aborder la situation de la conseillère d’Etat centriste Valérie Dittli. A ce stade, rien n’avait encore filtré à ce sujet.

Valérie Dittli, épinglée dans plusieurs rapports et visée par une instruction pénale pour abus d’autorité, a redit il y a deux jours dans une interview au Matin Dimanche qu’elle n’entendait pas démissionner. Reste qu’elle est toujours sous pression depuis la publication en avril du rapport de l’ancien juge cantonal Jean-François Meylan.

Valérie Dittli, conseillère d'État vaudoise, arrive à l'assemblée générale du Centre Vaud, le 19 mai 2026, à La Tour-de-Peilz. [© KEYSTONE / CYRIL ZINGARO - CYRIL ZINGARO] Valérie Dittli, conseillère d’État vaudoise, arrive à l’assemblée générale du Centre Vaud, le 19 mai 2026, à La Tour-de-Peilz. [© KEYSTONE / CYRIL ZINGARO – CYRIL ZINGARO]

Selon celui-ci, la ministre a bel et bien conclu un accord confidentiel avec l’ancien président de la commission foncière rurale pour qu’une plainte pénale à son encontre – pour calomnie et abus d’autorité – soit retirée, sans en avertir le Conseil d’Etat.

La convention prévoyait aussi l’octroi de 10’000 francs d’argent public au plaignant. Epinglée pour avoir menti et caché des informations, elle s’est aliéné les autres membres du gouvernement.

Le Grand Conseil vaudois a voté une résolution en avril appelant formellement la conseillère d’Etat âgée de 33 ans à démissionner. Même si le texte est avant tout symbolique, il voulait être « un message fort » pour que la ministre prenne cette décision par elle-même.

ats/ther/juma