Qualifié pour les quarts de finale du Geneva Open, Casper Ruud a pris un bain de foule extraordinaire mercredi aux Eaux-Vives, où sa popularité atteint un niveau assez incroyable.

« Bienvenue au plus Genevois des Norvégiens ». L’introduction de Jérémy Riser, speaker officiel du Geneva Open, n’est pas exagérée. Triple vainqueur du tournoi des Eaux-Vives, où il a remporté 15 des 16 rencontres qu’il a disputées, le natif d’Oslo est bel et bien devenu le plus bel ambassadeur du « GGO », l’un des joueurs les plus courtisés par les fans.

Mercredi, c’est un bain de foule absolument dingue qui a suivi sa victoire 7-6 6-2 contre Raphaël Collignon, une « ruée vers la star » hallucinante. Pour avoir suivi toutes les éditions de l’épreuve depuis son retour au calendrier de l’ATP, on n’a pas le souvenir d’avoir vu une telle cohue, si ce n’est peut-être l’an dernier pour Novak Djokovic. Et encore, en termes de popularité, il semble bien que le Ruud 2026 dépasse l’homme aux 24 titres du Grand Chelem! « C’est impressionnant », observait un bénévole expérimenté.

Les larmes de 2023

Casper Ruud, lui, ne boude pas son plaisir devant l’accueil qui lui est à chaque fois réservé lorsqu’il foule l’ocre des bords du Léman. « J’apprécie vraiment les lieux et l’enthousiasme qui s’en dégage, confiait-il après s’être qualifié pour les quarts de finale. Le public est incroyable. Le soutien dont je bénéficie ici à Genève est assez fou. » Avant de reprendre, modeste: « Je pense que cela s’est forgé avec les années, grâce aux trophées que j’ai décrochés, mais aussi parce que je suis régulièrement présent ici. »

Il y a trois ans, l’ex-No 2 ATP avait quitté le court au bord des larmes après sa défaite en quarts de finale devant Nicolas Jarry. On l’avait aperçu détruit en zone mixte. L’an passé, il avait regretté de ne pouvoir revenir sur le lieu de ses exploits en raison de soucis physiques. « J’étais donc impatient de revenir ce printemps », nous glissait-il lundi.

Au coeur de la cohue, Casper Ruud a tenté de faire plaisir à tous les chasseurs d'autographes. Au coeur de la cohue, Casper Ruud a tenté de faire plaisir à tous les chasseurs d’autographes.

Et il faut croire que les amoureux de tennis, surtout les enfants, étaient très excités à l’idée de le retrouver dans le jardin du TC Genève. Les chasseurs d’autographes ont dû jouer des coudes pour obtenir un paraphe du héros des lieux. Quelques minutes auparavant, ils avaient retenu leur souffle, lorsque Casper Ruud dut effacer une balle de set dans sa première manche face à Collignon, son bourreau de l’US Open. « Je me méfiais de lui, car je sais ce dont il est capable », lâchait-il après avoir fini par s’extirper du piège belge.

Finaliste à Rome dimanche contre Jannik Sinner, le Norvégien a émis un bémol sur son entrée en matière de mercredi. « Même si Collignon a sorti quelques très beaux coups, je n’ai pas vraiment fait un bon départ, je lui ai offert un break dès le premier jeu et j’ai dû courir après le score. J’ai eu de la chance de sauver une balle de set, puis de l’embarquer dans le tie-break, où j’ai enfin trouvé mes aises et pu élever mon niveau de jeu. »

« Un sacré match »

Il s’agira d’enchaîner ce jeudi devant Alexei Popyrin, bourreau de Taylor Fritz, tête de série No 1 de cette édition 2026. « Sur le papier, c’est bien sûr une surprise qu’il ait gagné, mais quand on sait ce qu’Alexei est capable de produire, cela ne l’est pas tant que ça, a souligné Casper Ruud, qui en est à 1-1 dans ses confrontations avec l’Australien. J’ai regardé un bout du match et il m’est apparu très solide. Ce sera un sacré match demain! »

Le Norvégien devra être très solide pour poursuivre sa route genevoise face à un joueur très inspiré hier. En plus de son expérience des lieux dans sa manche, il aura un atout supplémentaire à faire valoir: un soutien dingue du public genevois, prêt à adresser des « Jeg elsker deg » à son idole.

L’histoire d’amour continue. Et l’armoire à trophées de l’intéressé ne serait pas contre le fait d’ajouter un titre genevois de plus à sa collection.

Arnaud Cerutti, Genève