Le dossier d’introduction en Bourse de SpaceX, société aérospatiale du multimilliardaire Elon Musk, a été rendu public mercredi. L’entreprise présente ses grandes lignes, mais reste muet sur certains points de ce qui pourrait constituer l’une des plus grosses entrées en bourse de l’histoire.

Dans des documents publiés par le gendarme boursier américain (SEC), l’entreprise a pour la première fois levé le voile sur ses comptes.

L’an dernier, elle a ainsi généré un chiffre d’affaires de 18,7 milliards de dollars. Mais elle a fini 2025 avec une perte opérationnelle de 2,6 milliards de dollars.

Elle pâtit de ses lourds investissements dans l’intelligence artificielle (IA) et dans le développement de nouvelles fusées.

Des silences intrigants

L’entreprise a ainsi choisi d’être cotée sur le Nasdaq, l’une des places boursières phares aux Etats-Unis qui rassemble les principales entreprises technologiques.

En revanche, SpaceX n’a pas révélé le montant qu’elle souhaite lever lors de son introduction en Bourse, annoncé à environ 75 milliards de dollars par plusieurs médias, ni à quelle valorisation.

L’opération devrait pulvériser le record mondial pour une « IPO » (introduction en Bourse), actuellement détenu par Saudi Aramco, qui avait récolté 25,6 milliards de dollars en 2019.

Selon les informations de plusieurs médias, sa capitalisation boursière pourrait s’élever à 1750 milliards de dollars, près de cent fois son chiffre d’affaires annuel, bien loin des standards habituels.

Elon Musk reste aux commandes

Autre particularité: la structure capitalistique devrait permettre à Elon Musk de garder le contrôle de l’entreprise, avec 79% des droits de vote.

Il détient, en effet, la quasi-totalité des actions dites de classe B, chacune ayant dix fois les droits de vote des titres ordinaires, de classe A.

L’entrepreneur à succès ne conserverait pourtant qu’environ 42% du capital de SpaceX, contre un peu plus de 51% actuellement, selon un calcul effectué par l’Agence France-Presse.

Rémunération du patron

Le document publié mercredi révèle l’existence de deux plans de rémunération massifs, qui pourraient augmenter la fortune d’Elon Musk de plus de 130 milliards de dollars au minimum.

Parmi les conditions à remplir pour bénéficier de l’intégralité du plan, l’établissement d’une colonie sur Mars avec au moins un million d’habitants.

afp/lbl