Une situation aggravée par des restrictions publicitaires, notamment l’interdiction de la pub pour les paris et les jeux de hasard, et par l’arrivée des plateformes sur le marché publicitaire belge. Disney + y est actif depuis la rentrée en janvier. Amazon Prime Video emboîtera le pas dans moins d’un mois et Netflix l’année prochaine. Bref, le « gâteau » sera partagé entre des acteurs de plus en plus nombreux, avec des annonceurs qui iront toujours vers les supports qui rassemblent le plus d’audience.
Le coup de force d’Amazon Prime Video : la plateforme impose la publicité à ses abonnés ou il faudra payer près du double !« Notre business originel est en déclin »
Dans ces conditions, la télévision linéaire a du souci à se faire. D’où l’idée annoncée par Guillaume Collard dans L’Echo : créer une plateforme de streaming payante. Surprenant quand on sait que son groupe dispose déjà de RTL Play et qu’elle enregistre de très belles progressions. L’an dernier, elle a affiché une fréquentation record avec 74 millions de streams et un temps de visionnage qui explose sur la télévision. Elle se hisse au rang de première plateforme locale en heures consommées.
L’idée du patron de RTL Belgium est de ne plus avoir tous ses œufs dans le même panier. « C’est un moyen de diversifier nos revenus, alors que notre business originel est en déclin », confie-t-il à nos confrères.
À quand un Netflix belge francophone ?
Vu l’étroitesse du marché francophone et le nombre d’acteurs déjà actifs, Guillaume Collard a conscience qu’il ne pourra pas faire cavalier seul. Des discussions sont déjà en cours, notamment avec Disney +, mais il plaide aussi pour des alliances belgo-belges pour faire face aux géants du streaming. Un appel du pied clairement adressé à la RTBF. « Nous avons des profils complémentaires et développer chacun de son côté une plateforme est inefficace. Notre volonté est d’avancer vers un outil commun », explique-t-il.
Netflix, Disney+, AppleTV+,… : La folle ascension des prix du streaming en BelgiqueSalto : un précédent désastreux
Un rapprochement service public-groupe privé qui rappelle l’expérience Salto en France, avec TF1, France Télévisions et M6. Lancé en octobre 2020, le Netflix à la française n’a été qu’un feu de paille. Il a pris fin en février 2023 en n’ayant séduit qu’un peu plus de 800 000 personnes et en laissant une ardoise de 200 millions d’euros.
Salto, le Netflix à la française, met déjà la clé sous la porte