Le Championnat du monde de hockey sur glace se déroule actuellement à Fribourg et Zurich. Il y a 65 ans, en 1961, les villes de Genève et Lausanne accueillaient la compétition. Budget, niveau de l’équipe suisse, infrastructures : les archives nous permettent de mesurer le fossé entre l’événement du début des années 60 et la réalité d’aujourd’hui.
Budget : 50 millions en 2026 et 850 000 francs en 1961
Le Championnat du monde 2026 a commencé le 15 mai et se poursuit jusqu’au 31 mai, avec Zurich et Fribourg comme villes hôtes. Le budget de la compétition s’élève à 50 millions de francs. Les trois quarts de cette somme seront couverts par les recettes de la billetterie et de l’hospitalité (prestations VIP et services personnalisés). Le canton de Fribourg a contribué à hauteur de 3 millions de francs, la Ville de Fribourg a investi 1,3 million et le HC Fribourg Gottéron 800 000 francs. Zurich, de son côté, a consacré 4 millions de francs à l’organisation de l’événement, qui est diffusé dans plus de 180 pays.
2026 : Zurich et Fribourg accueillent les championnats du monde de hockey sur glace / 19h30 / 2 min. / le 15 mai 2026
Les coûts d’organisation des Mondiaux de 1961, quant à eux, ont été essentiellement supportés par les deux villes organisatrices, Genève et Lausanne. Ils s’élevaient à 850 000 francs. Les organisateurs comptaient sur la vente des billets pour éponger une partie des frais. Ils bénéficiaient également d’une contribution de la télévision romande (TSR), qui a retransmis les matchs en Eurovision pour 18 pays. Lausanne et Genève se partageaient l’accueil des équipes et de leur staff, soit environ 400 personnes. Le logement des équipes, la préparation des repas et le transport des joueurs constituaient les principaux soucis des organisateurs.
Le budget / Edition Archives / 2 min. / mercredi à 02:00 Côté sport : une Suisse ambitieuse en 2026 et modeste en 1961
16 équipes, réparties en deux groupes, participent cette année à la compétition. La première partie du tournoi se joue entre les équipes de chaque groupe. Les 4 premiers du classement accèdent aux quarts de finale. Détenteurs du titre, les USA figurent parmi les favoris, comme le Canada et la Suède. Mais la Suisse, cinq fois vice-championne, a aussi toutes ses chances. Roman Josi, Janis Moser, Nico Hischier, Timo Meier et Nino Niderreiter : l’équipe peut compter sur le talents et l’expérience de 6 hockeyeurs suisses jouant en NHL. Et les résultats sont là, ave 5 victoires en 5 matchs et une qualification en quart de finale.
L’équipe suisse aux Mondiaux de hockey 2026 [KEYSTONE – ANDREAS BECKER]
En 1961, 20 équipes sont engagées dans la compétition, ce qui constitue un record. La fédération internationale de hockey décide de créer 3 groupes de niveau. Les nations favorites du groupe A sont l’URSS, la Suède et le Canada. La Suisse ne joue pas encore dans la cour des grands. Comptant notamment dans son effectif Jean Ayer, gardien de but à Villard, Fritz Naef, attaquant au Servette HC ou encore Michel Wehrli, joueur-entraîneur au HC Lausanne, elle perd son match de barrage contre l’Allemagne de l’Ouest et ne parvient pas à se qualifier dans le premier groupe. Au final, le Canada s’impose devant l’équipe de Tchécoslovaquie, qui crée la surprise. La Suisse termine 3e du groupe B.
La Suisse affronte l’Italie aux Vernets, lors des championnats du monde de hockey de 1961 [KEYSTONE – STR] Infrastructures : des « Arena » en 2026 et deux patinoires de qualité très différente en 1961
Avec ses 12 000 places, la SwissLife Arena de Zurich dépasse de 2500 places les capacités de la BCF Arena de Fribourg. C’est dans la ville alémanique qu’ont lieu tous les matchs de l’équipe suisse ainsi que le tour final de ces Mondiaux 2026.
La Swiss Life Arena de Zurich [KEYSTONE – CHRISTIAN BEUTLER]
Inaugurée en 1958, la patinoire des Vernets est considérée comme l’une des plus modernes de l’époque. Quand Genève se porte candidate à l’organisation du championnat du monde de 1961, cette donnée joue en sa faveur. La patinoire est couverte, ce qui est encore peu courant, et peut accueillir 10000 spectateurs. Pour l’occasion, elle se dote de gradins supplémentaires qui lui permettent, avec 2000 places en plus d’égaler la capacité d’accueil de la Zurich Arena ! La patinoire de Montchoisi, à Lausanne, n’a pas ces atouts : datant de 1938, elle n’a pas de toit, et ne dispose que d’un peu plus de 8000 places. Et en cas de mauvais temps, il n’y a pas d’autre choix que de reporter les matchs.
Les patinoires de Montchoisi (Lausanne) et des Vernets (Genève) en 1961. [RTS]
Les organisateurs souhaitent accueillir dignement les journalistes, les photographes et les cameramen. Genève s’enorgueillit d’une salle de presse avec téléphone et télex, dont une liaison directe avec Lausanne.
Les infrastructures / Edition Archives / 4 min. / mercredi à 02:00
Sophie Meyer et Martine Cameroni pour RTS archives