Le Mondial constitue toujours une belle occasion d’aller à la rencontre de joueurs venant d’autres cultures et d’autres horizons. A la veille du duel contre la Hongrie à Zurich (à suivre samedi sur RTS 2 dès 16h05), 6e match de la Suisse dans le groupe A, nous nous sommes intéressés à István Sofron (38 ans), vedette du hockey magyar.

Meilleur buteur du championnat autrichien en 2012 avec 31 réussites, István Sofron a déjà passablement roulé sa bosse un peu partout en Europe. Le joueur de Ferencvaros compte pour le moment 1 but en 3 parties au Championnat du monde à Zurich.

Le Hongrois en marquera-t-il un 2e face à l’équipe de Suisse samedi? « Le plus important, c’est que l’équipe engrange des points », répond l’attaquant, très enthousiaste à l’heure de répondre à nos questions.

En 2009, cela n’avait pas été facile d’être écarté au dernier moment avant le Mondial en Suisse

István Sofron

RTSsport.ch: En 2009, vous aviez été écarté au dernier moment pour le Mondial à Berne et à Kloten. Dix-sept ans plus tard, vous voilà quand même en Suisse…

ISTVAN SOFRON: Oui, j’étais le dernier joueur retranché à l’époque. J’avais 21 ans. Cela m’arrivait pour la 2e fois de suite, après le Mondial « B » de Sapporo en 2008. Cela n’avait pas été facile, mentalement parlant. Mais en même temps, cela m’avait donné la volonté de m’améliorer.

RTSsport.ch: Vous êtes, depuis, devenu l’une des figures marquantes du hockey hongrois. Grâce à une carrière qui vous a emmené aux Etats-Unis (Wichita en ECHL), en Allemagne (Krefeld en DEL) ou encore en Autriche (Klagenfurt et Villach).

ISTVAN SOFRON: Oui, j’ai acquis une certaine expérience dans de bonnes ligues. Je sens que je peux toujours aider ma sélection. Cela a toujours été mon plus grand rêve d’enfiler le maillot national. Je me verrais bien participer encore au Mondial l’an prochain en Allemagne. Je ne me sens pas âgé et j’aime ce sport.

RTSsport.ch: Vous possédez même la particularité d’avoir évolué en Roumanie, à Csikszereda, de 2021 à 2024.

ISTVAN SOFRON: Après la 2e Guerre mondiale, une partie de la Hongrie avait été cédée à la Roumanie. C’est le cas de la région dont je suis originaire, peuplée en majorité par des Magyars. Mes parents ont en fait déménagé en Hongrie lorsque j’avais 3 ans. A Csikszereda (ndlr: ou Miercurea Ciuc en roumain), en montagne, le hockey est très populaire, avec des affluences de 3500 spectateurs à chaque match. Mon père et mon oncle avaient joué pour ce club, c’est pourquoi j’avais voulu les imiter.

On va tout faire pour rester à ce niveau

István Sofron

RTSsport.ch: Vous participez en ce moment à votre 12e Championnat du monde, le 3e dans l’élite.

ISTVAN SOFRON: La patinoire de Zurich est magnifique et les conditions de travail sont très professionnelles. C’est génial, dans cette ambiance incroyable, de pouvoir se mesurer aux meilleurs: la Hongrie n’a pas toujours cette chance. Chaque shift est un cadeau pour nous! On va tout faire pour rester à ce niveau, on est heureux d’être ici.

RTSsport.ch: La moitié du chemin est déjà parcourue, grâce à votre succès 5-0 face à la Grande-Bretagne acquis précédemment.

ISTVAN SOFRON: C’est vrai, on a fait un grand pas vers le maintien. Mais ce n’est pas terminé, il reste des chances aux Britanniques de se refaire. La Slovénie, elle, a bien battu la Tchéquie dans le groupe B cette année (ndlr: 3-2 après prolongation à Fribourg), alors on ne sait jamais…

Contre la Suisse, le tarif en leur faveur risque d’être 5-0 ou 5-1 

István Sofron

RTSsport.ch: Quel intérêt ce Championnat du monde suscite-t-il dans votre pays?

ISTVAN SOFRON: Depuis 25 ans, l’engouement ne cesse de croître en Hongrie. La promotion de 2008 avait consitué un vrai miracle pour nous. Malgré les infrastructures défaillantes et le manque de patinoires, nous comptons de plus en plus de supporters, qui nous suivent partout en Europe.

RTSsport.ch: Affronter les Suisses sera un sacré challenge.

ISTVAN SOFRON: Dans une aréna à guichets fermés acquise à leur cause, le tarif risque d’être 5-0 ou 5-1 en leur faveur au final… J’ai constaté qu’ils ne baissent pas le rythme durant 60 minutes: à domicile, ils veulent satisfaire leurs fans. Mais ce sera un plaisir de défier les superstars helvétiques.

De Zurich, Michaël Taillard