L’acteur français Mathieu Kassovitz est l’une des vedettes de « La Bataille de Gaulle – l’âge de fer ».La première partie d’un diptyque événement qui sortira dans toute la France le 4 juin prochain.TF1info l’a rencontré sur la Croisette afin d’évoquer ce projet ambitieux et l’héritage du général.
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C’était l’un des événements du 79ᵉ Festival de Cannes. En avant-première de sa sortie en salles le 4 juin, la Croisette a pu découvrir La Bataille de Gaulle – L’Âge de fer, première partie d’un diptyque ambitieux du réalisateur Antonin Baudry. C’est à Mathieu Kassovitz, qu’il avait déjà dirigé dans Le Chant du Loup, qu’il a confié le rôle de François Darlan, le chef de la Marine française au début de la Seconde Guerre mondiale, devenu ministre de la Marine du premier gouvernement de Vichy. Rencontre.
La Bataille de Gaulle, c’est un film pas comme les autres ?
J’espère puisque je vous parle avant de l’avoir vu ! Mais oui, bien sûr que c’est un film pas comme les autres. C’est l’une des plus grosses productions du cinéma français. Ça parle d’une époque qui n’a pas été assez couverte par ce cinéma français. Je pense qu’Antonin Baudry, le réalisateur, et Jérôme Seydoux, le financeur qui a permis que tout ça existe, voulaient faire les choses en grand et de la manière la plus spectaculaire possible.
On a tous l’image de De Gaulle avec son képi et son uniforme. Mais on n’a pas d’image de lui comme un être humainMathieu Kassovitz
Pensiez-vous bien connaître De Gaulle avant de faire le film ?
Je connaissais l’icône De Gaulle. Au début du tournage, on faisait une photo de groupe, tous ensemble, et je suis allé me présenter à une comédienne, lui demandant quel rôle elle faisait. Elle m’a répondu : l’épouse du général. Tout d’un coup, je me suis dit que De Gaulle avait une femme, et que cette femme a pris une part importante dans sa vie, certainement dans ses décisions. On a tous l’image de De Gaulle avec son képi et son uniforme. Ou son casque de soldat. Mais on n’a pas d’image de lui comme un être humain. Comme Charles. Et ça m’a fait prendre conscience que je ne connaissais rien de lui à part ses grands discours.
On voit beaucoup de films en ce moment sur cette période de l’Histoire de France. Comment l’expliquez-vous ?
Non, il y a toujours eu énormément de films sur cette période. Cinq ou six qui sortent tous les ans. Mais il n’y a pas ou très peu de films sur le général De Gaulle. Et il y en a très peu sur la démesure de 39-45. Le dernier de cette envergure, selon moi, c’est Paris brûle-t-il ! Une production franco-américaine de 1966. Bref, ça remonte à l’après-guerre ! Je pense qu’il est essentiel aujourd’hui qu’on inscrive aussi notre Histoire dans l’Histoire du cinéma.
C’est possible parce qu’on a davantage de recul ? Parce qu’une nouvelle génération a envie de comprendre ?
Parce qu’on a les moyens surtout ! Il faut qu’on ait un réalisateur qui ait les couilles d’y aller, de dire combien ça coûte et qu’on soit prêt à le suivre, avec un scénario qui donne envie. En réalité, c’est la convergence entre l’ambition d’Antonin Baudry, qui voit que techniquement c’est possible à faire aujourd’hui, et une capacité financière qui existait moins dans les années 1980 si on n’avait pas les budgets du cinéma américain. On parle d’un film avec de vraies explosions sur les plages du Débarquement, l’aide de l’armée américaine comme dans Il faut sauver le soldat Ryan de Spielberg.
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Beaucoup d’hommes politiques se revendiquent encore du gaullisme aujourd’hui. Qu’en reste-t-il vraiment, selon vous ?
Le gaullisme, c’est une approche politique qui ne peut pas représenter le général si le général n’est pas là. Le gaullisme, comme lui l’a vécu aujourd’hui, il n’existe plus. C’est difficile aussi parce que le gaullisme, c’était très « socialiste » du point de vue de ce qu’on est capable de faire en tant que peuple et de s’entraider. C’était très humaniste. Je ne vois pas cet élan aujourd’hui, je ne vois pas la verve, je ne vois pas la personnalité. Chirac était le dernier gaulliste, je pense. Au-delà de ses convictions politiques, il avait cette même ouverture et il avait cette même prestance. Dans les gens qui se réclament du gaullisme aujourd’hui, à mon avis, il y en avait plein à l’époque qui l’auraient envoyé chier, qui auraient participé à son départ. Pour se réclamer du général de Gaulle, je pense qu’il faut avoir risqué sa vie. Si tu n’as pas risqué ta vie, tu ne peux pas te réclamer de ce sang-là.
>> La Bataille de Gaulle d’Antonin Baudry. Avec Simon Abkarian, Florian Lesieur, Mathieu Kassovitz. 2h40. En salles le 4 juin
Jérôme VERMELIN à Cannes
