Par Luc Bourrianne

En privant le marché pétrolier mondial de 14 millions de barils quotidiens, la paralysie du détroit d’Ormuz menace l’économie planétaire. La France pleure ses espoirs de croissance envolés quand les émirs du désert découvrent la géographie. À force d’emprunter leurs jets privés pour Londres ou Paris, ils avaient oublié que Doha était voisine de Téhéran.

Cette crise pétrolière agit comme un révélateur d’évidences occultées. Que le Qatar découvre sa dépendance au trafic maritime est comique quand un coup d’œil sur une carte suffit à le mesurer. Que la France se rende compte de sa dépendance pétrolière est impardonnable, après que l’invasion de l’Ukraine avait déjà révélé sa dépendance gazière.

Bonne nouvelle : le défi énergétique de la France est beaucoup plus facile à relever que celui, géographique, du Qatar. Nos centrales nucléaires, bien davantage que nos éoliennes, nous offrent des perspectives qu’il est urgent de ne plus compromettre par des atermoiements coupables. Pour sortir de l’obscurité, rien de tel que l’électricité.

Plutôt que de pleurer sur le risque d’une récession pour 2026, la France doit bâtir le moteur de sa future croissance. Renoncer à l’hégémonie des moteurs thermiques n’est pas un caprice politique. Promouvoir les véhicules électriques n’est en rien une folie, à condition que nous conservions la maîtrise de notre chaîne de production automobile. Substituer notre dépendance pétrolière à celle, manufacturière, de la Chine serait une nouvelle inconscience doublée d’une bêtise insondable.