Le secteur médico-social dépend d’une main-d’œuvre venue de l’extérieur des frontières suisses. La Fondation Primeroche, qui gère deux EMS de la région lausannoise, illustre bien cet état de fait. « Environ 80% de nos collaborateurs viennent de l’étranger. La plupart exercent dans les métiers de base, par exemple les aides-soignants », indique son directeur Christian Weiler.

Actuellement, la liste d’attente pour devenir résident dans ces EMS compte plus de 250 noms.

Or, selon Christian Weiler, les choses vont encore se compliquer: « Un ‘tsunami gris’ va arriver, avec un nombre de personnes âgées toujours plus important à aider. Nous devons augmenter nos services. Cela nécessitera de trouver des collaborateurs qui viennent de l’étranger. Il n’y a pas assez de Suisses à vouloir faire ces métiers », explique celui qui est également municipal PLR à Yverdon-les-Bains. Or, en deux ans, son organisation n’a reçu aucune postulation d’infirmière suisse.

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Les institutions du secteur médico-social dépendent du personnel venu de l'étranger. [KEYSTONE - CHRISTIAN BEUTLER] Les institutions du secteur médico-social dépendent du personnel venu de l’étranger. [KEYSTONE – CHRISTIAN BEUTLER]

De nombreux responsables du secteur des soins et de la santé partagent son constat. L’élu yverdonnois fait partie du comité « Non au chaos dans les soins », qui regroupe des acteurs de la santé et des élus de plusieurs partis opposés au texte de l’UDC.

Selon ce groupe, la pénurie de main-d’œuvre allongera les délais d’attente pour se faire soigner, avec des risques pour la sécurité des patients.

>> L’analyse des conséquences du texte sur le secteur des soins : Les conséquences d’un oui à l’initiative Pas de Suisse à 10 millions d’habitants (ep. 1): l’impact en EMS Les conséquences d’un oui à l’initiative Pas de Suisse à 10 millions d’habitants (ep. 1): l’impact en EMS / La Matinale / 5 min. / le 18 mai 2026 Un secteur qui reste prioritaire, selon l’UDC

Les opposants peignent le diable sur la muraille, se défend l’UDC. D’après le parti, il sera toujours possible de faire venir des travailleurs pour les secteurs prioritaires. « Les soins en font partie. Les Suissesses et les Suisses, qui paient beaucoup de primes d’assurance maladie, ont droit à des soins de qualité », assure le conseiller national bernois Manfred Bühler.

Cet argument ne suffit pas à rassurer les opposants à l’initiative. Ils estiment que les institutions de soins de toute la Suisse devront se battre pour le peu de personnel soignant disponible, au détriment des régions périphériques.

Pour l’UDC, des mesures annexes permettront d’éviter ce scénario. Manfred Bühler évoque la possibilité de robotiser certaines tâches d’aide à la personne: « Par exemple, au Japon, qui a une immigration très contrôlée, beaucoup de travaux sont déjà effectués par des assistants robotiques qui permettent de réduire le besoin en main-d’œuvre sans avoir besoin de recourir à une immigration démesurée », argumente-t-il. Son parti a néanmoins admis qu’un relèvement de l’âge de la retraite serait peut-être nécessaire.

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