L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a déclaré mardi sur France Inter se sentir « super bien » chez Grasset, la maison d’édition qui va publier son nouveau livre, et avoir été « interpellé » par les protestations des auteurs après le limogeage de son patron Olivier Nora.

« Je suis super bien franchement » chez Grasset, a affirmé l’écrivain, huit jours avant la sortie, le 2 juin, de « La légende », un récit de son incarcération d’un an en Algérie jusqu’au 12 novembre 2025.

Boualem Sansal s’est retrouvé au cœur d’une polémique lorsqu’il a décidé de quitter Gallimard, son éditeur historique, pour Grasset, l’une des maisons d’édition de Hachette Livre, un groupe dans l’orbite du milliardaire Vincent Bolloré.

Il a expliqué avoir pris cette décision à la fois pour des raisons politiques et matérielles, car Antoine Gallimard lui avait demandé de quitter l’appartement qu’il lui avait mis à disposition après son retour en France fin 2025.

Il a indiqué avoir été surpris d’apprendre qu’il valait « un million d’euros », le montant proposé par Hachette pour l’a-valoir de son prochain livre, soit « dix fois plus » que les 100.000 euros que lui promettait Gallimard selon lui. « Je n’ai pas encore touché ce million. J’aimerais bien, parce que j’ai beaucoup besoin d’argent », a-t-il précisé dans l’émission « Sept à Huit » diffusée dimanche par TF1.

Olivier Nora, qui dirige Grasset depuis 26 ans, est « un monsieur extraordinaire (…) Tout se présentait bien » jusqu’à l’annonce de son départ, selon lui. « Une semaine après, des auteurs annoncent qu’ils vont quitter Grasset », a-t-il ajouté sur France Inter, en référence à la tribune publiée par quelque 200 auteurs affirmant qu’ils ne publieront plus dans cette maison d’édition.

« Ils savent que Bolloré est patron de Grasset depuis 4 ans. Pourquoi ils ne sont pas partis il y a 4 ans? (…) C’est normal qu’une nentreprise change de patron. Pourquoi pas ? (…) Ca m’a interpellé », a ajouté l’écrivain octogénaire, en précisant qu’Olivier Nora n’avait pas encore quitté Grasset.

Dans « La légende », Boualem Sansal raconte sa vie en prison en Algérie, où il estime avoir été « l’otage personnel du président » Abdelmadjid Tebboune.

Sur TF1, l’écrivain a estimé que ce sont des « journalistes » qui l’ont qualifié d’extrême droite.

« Ma critique, elle est sur l’islam, l’islamisme et les islamistes » car « l’islam a détruit mon pays », l’Algérie, a-t-il précisé.

publié le 26 mai à 10h07, AFP

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