Comment se déroule la prise en charge des patients fumeurs qui souhaitent arrêter leur consommation de cigarette ?

Dr Laurence Bonelli. Ils sont d’abord reçus par Adeline. La consultation dure environ une heure. Le suivi est ensuite fait à intervalle régulier, de manière adaptée aux patients, en présentiel ou par téléphone. Les parcours durent généralement entre six mois et un an, la nicotine a un très fort potentiel addictif. Ils ne sont orientés vers moi que dans des cas particuliers, par exemple si une pathologie psychiatrique est soupçonnée.

Adeline Renay. Durant cette première consultation, on apprend à mieux connaître le patient, sa consommation. Ensuite, on établit un traitement adapté à son profil. Je prescris des substituts nicotiniques remboursés par la sécurité sociale comme de patchs, des sprays, etc. On peut également se tourner vers la cigarette électronique, mais son utilisation doit être limitée dans le temps.

« Il faut apprendre à s’occuper pendant l’arrêt du tabac : faire du sport, se balader »

Que mettent en avant les gens qui viennent vous voir pour expliquer leur volonté d’arrêter de fumer ?

A.R. Majoritairement ce sont des personnes qui ont des problèmes de santé et qui se disent qu’elles doivent agir. Pour d’autres, qui évoluent notamment dans un contexte socio-économique compliqué, la motivation est financière, d’autant que les prix ont beaucoup augmenté ces dernières années.

L.B. Souvent, nos patients sont âgés au minimum d’une trentaine d’années. Pour les mineurs, il existe des consultations jeunes. La prise en charge peut-être légèrement différente et accompagnée d’un éducateur spécialisé.

Quels sont les premiers conseils que vous donnez à chacun de vos patients ?

A.R. Il faut apprendre à s’occuper pendant l’arrêt du tabac : faire du sport, se balader. Il faut détourner son attention, l’envie de fumer ne dure que quelques secondes. Respirer calmement peut aussi aider. Je conseille également de bien s’hydrater, d’apporter une attention particulière à la qualité de son sommeil. On peut également être suivi par une diététicienne si l’on craint une prise de poids.

Y a-t-il des facteurs de risques qui mènent à l’addiction au tabac ?

L.B. Il peut y avoir des vulnérabilités psychiques qui mènent à tous types d’addictions. L’environnement compte aussi. Si un enfant grandit avec des parents fumeurs, cela peut avoir un impact. En termes de prévention, la mise en place de lieux sans tabac est d’ailleurs une bonne chose. La vulnérabilité que j’évoquais plus tôt peut aussi être accentuée par l’âge des premières consommations. Plus on fume jeune, plus on risque de développer des pathologies addictives à de multiples substances. Mais il est aussi important de dire que tout le monde peut-être soigné et à tout âge.

Le tabac reste la substance pour laquelle vous êtes les plus consultées ?

L.B. Oui, mais on remarque que de plus en plus de jeunes consomment aussi d’autres produits : alcool, drogues de synthèse… Il y a par exemple des adolescents qui consomment de la cocaïne de manière très régulière aujourd’hui. L’addiction est une pathologie chronique mais, de manière sous-jacente, il peut y avoir aussi une pathologie psychiatrique à traiter. Dans les cas les plus graves, les soins peuvent nécessiter une hospitalisation. Nous recevons également de plus en plus de patients souffrant d’addictions qui présentent un trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), c’est un vrai facteur de risques car ils vont chercher une façon de s’apaiser et se tourner vers des substances.

Consultations tous les vendredis de 8 h 30 à 16 heures. Contact : [email protected] (indiquer motif, identité et numéro de téléphone pour une prise de rendez-vous).