Le chanteur et musicien français Sébastien Tellier a publié le 30 janvier un nouvel album intitulé « Kiss the Beast », qui chronique électroniquement ses mondes intérieurs et dualités. Il sera en concert au Festival Antigel à Genève le 28 février et à Festi’Neuch le 13 juin.
Sébastien Tellier, artiste français emblématique de la scène électronique qui a fait une apparition remarquée à la cérémonie d’ouverture des JO paralympiques de Paris en 2024, revient avec un nouvel album intitulé « Kiss the Beast ». Ce projet, peut-être le plus personnel depuis vingt-cinq ans, est une chronique en douze chansons bilingues français-anglais de ses mondes intérieurs. Sa pop hybride navigue ici entre électro stimulante taillée pour le dancefloor, orchestrations panoramiques et ballades nocturnes, avec en creux des titres en forme d’autoportrait comme « Mouton » ou « Naïf de coeur ».
Pour Sébastien Tellier, créer un album s’avère bien plus qu’un simple projet artistique. C’est une quête de sens, une manière de se reconnecter à ses instincts. « Pour moi, faire un album, c’est le centre de ma vie », a-t-il expliqué dans l’émission Vertigo du 16 février. Et le déclencheur de l’écriture et de l’enregistrement de ce dixième album studio est fortement lié au temps qui file: « Vers 45 ans, j’ai vu la cinquantaine arriver à grands pas. Je me suis dit qu’il me restait peu de temps pour enregistrer de la musique. Je voulais un album flamboyant, alors je me suis mis à travailler comme un fou. »
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Une dualité assumée
Le titre de l’album, « Kiss the Beast », reflète cette volonté d’embrasser ses instincts et ses désirs: « Pour moi, la bête, c’est une bête positive, joyeuse. Ce n’est pas un monstre caché dans les bois, mais notre côté animal. Et le bisou, c’est moi aussi. Je suis à la fois le kiss et le beast. C’est beaucoup plus agréable d’embrasser ses instincts que de les combattre. »
Le répertoire de « Kiss the Beast » oscille entre vulnérabilité et sauvagerie, intimité et éclat. Pour l’artiste français barbu et casquette vissée sur la tête, cet album est aussi le fruit d’une dualité qui l’habite depuis toujours: « Adolescent, j’étais à la fois fan de hip-hop et de heavy metal. Je n’ai jamais su choisir entre Run D.M.C. et Guns N’ Roses. Cette dualité m’habite encore aujourd’hui. » Cette ambivalence se reflète dans sa musique, où il mêle des influences variées pour créer un univers unique.
L’auteur de l’inoxydable « La ritournelle » en 2014 évoque également une dualité identitaire dans sa vie quotidienne: « Parfois je suis mouton, parfois je suis loup. Dans ma vie de tous les jours, je suis un mouton, je fais la queue au supermarché, je dis bonjour dans les magasins, je m’arrête aux péages. Mais dans ma vie d’artiste, je deviens un loup. Je suis beaucoup plus sûr de moi, j’ai les dents qui raient le parquet, j’ai envie de faire des choses formidables et laisser une empreinte. Et cette dualité-là m’anime au quotidien. »
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Le début d’un nouveau cycle
Avec « Kiss the Beast », Sébastien Tellier célèbre ses vingt-cinq ans de carrière tout en amorçant un nouveau chapitre: « Cet album, c’est à la fois le dernier épisode de la saison un et le premier épisode de la saison deux. » Il a puisé dans tout ce qu’il a appris au fil des années pour créer un projet abouti, utilisant ses instruments, micros et effets préférés.
Un titre baptisé « Copycat » lui permet aussi d’exorciser en dansant l’usurpation d’identité dont il a été victime et qui a affecté son entourage. « Il y a quelques années, je me suis rendu compte que quelqu’un utilisait mon nom pour vivre la vie qu’il pensait que j’avais. Il allait tous les soirs en boîte de nuit, se faisait servir des cocktails gratuits […], allait dîner avec des grands patrons. Le plus bizarre, c’est qu’il s’est fait des amis en se faisant passer pour moi, en entrant dans leur intimité », détaille Sébastien Tellier, qui s’en est fait depuis débarrasser par la police.
Collaborations marquantes
L’album inclut également des collaborations marquantes, enrichissant l’horizon des compositions et textures sonores, notamment avec Nile Rodgers, le légendaire guitariste de Chic sur ‘Thrill of the Night’ et avec le rappeur américain Kid Cudi dans « Amnesia », admirateur de la première heure de Tellier.
Ce processus avec beaucoup de contributeurs a été un puzzle extrêmement long à mettre en place, explique Sébastien Tellier: « Je voulais la fine fleur de ce qui se fait en ce moment en musique. Alors j’ai travaillé notamment avec SebastiAn et Oscar Holter (The Weeknd, Taylor Swift ou Katy Perry) pour les chansons plus dynamiques, en mouvement, comme le festif ‘Thrill of Night’ qui est poussé pour le dancefloor ». Le chef d’orchestre français Victor Le Masne participe quant à lui à des morceaux pop plus cinématographiques et épiques comme « Romantic », « Kiss the Beast », « Mouton » et son miroir inversé « Loup » qui offre une autre dimension au répertoire de Sébastien Tellier.
Olivier Horner
Sébastien Tellier, « Kiss the Beast » (Because Music & Horizons). Paru le 30 janvier 2026.
En concert au Festival Antigel, Genève, le 28 février, et à Festi’Neuch le 13 juin 2026.