Aux grands maux, les grands remèdes. Tout juste remis du séisme provoqué par la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, France Télévisions s’apprête à entrer dans une nouvelle zone de turbulences. Le rapport au vitriol, rendu par le rapporteur Charles Alloncle (DR), avait une dimension éminemment politique : celle d’une croisade identitaire contre les « vaches sacrées » de la bien-pensance de gauche. Mais ses conclusions ont fait suffisamment de bruit pour que Delphine Ernotte, la patronne de France Télévisions, ne puisse plus dire « circulez, y’a rien à voir ». Les chiffres mis en circulation concernant cette « gabegie financière », payée « sur le dos des Français », ont paru suffisamment préoccupants pour pousser l’exécutif à reprendre le dossier en main.
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Le 4 mai dernier, à quelques jours de l’ouverture du Festival de Cannes, la ministre de la Culture, Catherine Pégard a demandé à Delphine Ernotte, ainsi qu’à son homologue de Radio France, Sybile Veil, de plancher dans l’urgence sur plusieurs pistes de réformes. Officiellement, il s’agissait d’« accélérer » la transformation de l’audiovisuel public. En réalité, Catherine Pégard s’était fixée une mission, plus politique : tout faire pour que France Télévisions ne puisse plus être « l’outil d’un camp contre un autre » à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. En clair, retirer un argument de campagne à Marine Le Pen et Jordan Bardella.