Cinq gymnasiennes ont créé CrysTal, une mini entreprise de cristaux de thé pour leur travail de maturité. Un an de travail qui les a propulsées en finale du concours YES, Young Enterprise Switzerland. Seules 25 équipes, dont une vaudoise, y participent ces 29 et 30 mai à Zurich.

L’idée est née l’été passé: réinventer l’expérience du thé avec une approche écologique et ludique. Les cinq étudiantes voulaient un « produit nouveau, innovant, quelque chose qui n’existait pas jusqu’ici », explique Elodie Heintz, la CEO de la mini entreprise.

Le groupe imagine d’abord une boule à thé. Mais l’expérience se révèle trop fragile, irréalisable. Elles optent alors pour un produit sous forme de cristaux. « Ces sont des cristaux, comme des pétales transparents, à base d’isomalt et qui fondent dans l’eau chaude. Ça libère ensuite, les fruits secs et ça donne le goût au breuvage », décrit Alison De Icco. « On a deux éditions avec des fruits secs. Et c’est génial, car on peut manger ce qui reste à la fin dans la tasse, comme des bonbons », s’amusent les conceptrices.

Vendus dans un sachet à l’image du thé en vrac, les cristaux se dissolvent entièrement. « Pas de sachet de thé qui libère des microplastiques », argumentent les conceptrices. Leur produit se veut écoresponsable.

Deux paquet de CrysTal. [Céline Tzaud] Deux paquet de CrysTal. [Céline Tzaud] Un projet de maturité transformé en aventure entrepreneuriale

Elodie Heintz, Rinesa Shala, Alison De Icco, Katia Horak et Elise Charrière sont toutes en deuxième année de maturité au gymnase d’Yverdon. En filière Economie & Droit ou Espagnol. La conception de CrysTal est l’objet de leur travail de maturité. Pendant un an, elles ont dû bâtir leur projet de A à Z: définir un concept, une image de marque, élaborer des stratégies, trouver des fournisseurs, gérer la production, le financement et fixer le prix de leur produit pour rendre l’entreprise viable. Le programme YES, qui soutient les initiatives entrepreneuriales des jeunes, leur a fourni des modèles et des documents pour les guider. Leur enseignante, Vanessa Klay, a également joué un rôle clé en les aidant à s’organiser.

Une répartition des rôles bien définie

Chaque membre de l’équipe a pris en charge un domaine spécifique. Elodie occupe le rôle de cheffe de projet, Rinesa gère les finances, Élise s’occupe de la production, tandis que Katia et Alison se concentrent sur les réseaux sociaux et les étiquettes. Ensemble, elles ont également travaillé sur la communication, le marketing et le financement, en investissant leurs propres économies et en participant à des marchés de Noël pour vendre leurs produits.

Une expérience formatrice et enrichissante

Aujourd’hui, l’entreprise CrysTal est viable et les étudiantes devront choisir si elles décident de la pérenniser au-delà de ce projet de maturité.

Pour leur enseignante-coach, Vanessa Klay, ce projet est une réussite encore plus large. « Elles ont développé bien plus que des compétences techniques. Elles ont acquis des savoir-faire et des savoir-être qui leur serviront toute leur vie », souligne-t-elle. Elle insiste également sur l’importance de tels projets dans les gymnases à l’ère de l’intelligence artificielle. « Ces travaux de maturité concrets permettent de développer des compétences uniques. Et de donner du sens aux jeunes. »

Les jeunes entrepreneuses, elles, se disent déjà gagnantes, peu importe le résultat de la finale à Zurich. « Nous avons appris à mettre en pratique ce que nous voyons en théorie à l’école. C’est une expérience concrète qui vaut de l’or », conclut l’une des membres de l’équipe.

Céline Tzaud