La société américaine d’intelligence artificielle Anthropic, éditeur du modèle Claude, est désormais valorisée 965 milliards de dollars, devançant pour la première fois son rival OpenAI (852 milliards) dans la course préalable à leurs entrées en bourse très attendues.
Anthropic, fondée par des dissidents d’OpenAI, a vu sa valorisation quasi tripler en trois mois (380 milliards en février), après la conclusion d’un nouveau tour de table record de 65 milliards de dollars mené par les fonds d’investissement Altimeter Capital, Dragoneer, Greenoaks et Sequoia Capital.
« Ce financement nous aidera à répondre à la demande historique que nous connaissons, à rester à la frontière de la recherche et à amener Claude dans davantage de lieux où le travail se fait », a déclaré le directeur financier d’Anthropic Krishna Rao.
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Pourquoi Claude est-il le nouveau numéro un de l’IA? / Forum / 3 min. / aujourd’hui à 19:00
Le tour de table comprend également 15 milliards de dollars d’engagements déjà annoncés de la part de géants de l’informatique en ligne, dont 5 milliards d’Amazon.
Les fabricants de semi-conducteurs Micron, Samsung et SK Hynix, essentiels pour bâtir l’infrastructure de cette industrie, ont également participé.
Claude et Mythos
Une heure plus tôt, l’entreprise avait mis en ligne son nouveau modèle Claude Opus 4.8. Et alimenté le suspense en annonçant la sortie « dans les prochaines semaines, pour tous nos clients » d’outils aussi puissants que Mythos, son modèle de pointe encore non public.
Présenté comme capable de détecter des vulnérabilités informatiques à une vitesse et à une échelle sans précédent, il a valu à Anthropic des accusations de « marketing de la peur » mais agite en parallèle depuis des semaines gouvernements et régulateurs, inquiets face aux risques de cyberattaques.
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La montée en puissance d’Anthropic repose sur un pari: livrer l’IA générative en priorité aux entreprises, là où OpenAI avait investi en priorité le marché grand public, largement dominé par son ChatGPT et par les outils Gemini de Google.
Anthropic affirme que son chiffre d’affaires annualisé a franchi le seuil de 47 milliards de dollars contre 14 en février. Ce bond illustre l’adoption accélérée de ses outils, au premier rang desquels Claude Code, son assistant de programmation pour développeurs.
Difficultés à répondre à la demande
Sur ce terrain, Anthropic affronte désormais la concurrence de Codex, l’outil équivalent d’OpenAI, qui a refait une partie de son retard et revendique quatre millions d’utilisateurs hebdomadaires.
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Le succès commercial d’Anthropic s’est toutefois accompagné de difficultés pour servir la demande en puissance de calcul, faute d’assez de puces et de serveurs déployés.
La société a dû affronter ces derniers mois les critiques de professionnels se plaignant d’épuiser trop vite leur quota d’utilisation et de devoir payer cher pour continuer. En réponse, Anthropic a multiplié les accords pour trouver plusieurs gigawatts de capacité de calcul auprès d’Amazon, Google et Broadcom.
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afp/jfe