Macroéconomie, politique monétaire, phénomènes de marché : chaque semaine, le Figaro Patrimoine et Bourse propose l’éclairage d’un professionnel de la finance.

De 2011 à 2019, Mario Draghi fut un président marquant de la Banque centrale européenne (BCE) caractérisé, selon Enguerrand Artaz, stratégiste à La Financière de l’Échiquier, par son «pragmatisme et [son] volontarisme». Une «parenthèse» révolue «au regard du dogmatisme qui règne aujourd’hui à Francfort», fulmine-t-il.

Un risque majeur : l’erreur de politique monétaire

Pourquoi ? Car malgré le ralentissement conjoncturel que connaît l’Europe, la BCE semble, face à la flambée des hydrocarbures, sur le point de relever ses taux courts et ainsi de «réitérer, avec beaucoup d’application, les erreurs de Jean-Claude Trichet».

Ce prédécesseur de Mario Draghi avait, en 2008 et 2011, remonté les taux en raison essentiellement de la hausse du pétrole. «Des erreurs bien plus préjudiciables qui avaient entraîné ou amplifié la récession, engageant l’Europe sur une décennie perdue en termes de croissance économique», déplore le spécialiste.

L’image de l’Europe écornée ?

Selon Enguerrand Artaz, «rien ne justifie aujourd’hui de prendre un tel risque» puisqu’en 2026, les conditions…

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