Ce 1er juin 2026, France 4 consacre sa soirée à Stromae. D’abord, avec la diffusion du documentaire Stromae, le vertige du succès.

Puis, en deuxième deuxième partie de soirée, vous découvrirez Stromae en intimité, un portrait plus personnel du chanteur belge.

Derrière les records et les salles combles, un épisode a pourtant marqué un coup d’arrêt brutal dans sa carrière récente : l’annulation du Multitude Tour en 2023. Une décision dictée par sa santé, mais qui aurait coûté une fortune à l’artiste.

46 concerts annulés et un manque à gagner colossal

Au printemps 2023, rien ne semblait pouvoir arrêter Stromae. Après le succès critique et commercial de son album Multitude, l’artiste belge remplissait les salles à travers l’Europe. La tournée affichait presque partout complet. Mais dès le mois de mars, les premiers signaux d’alerte apparaissent.

Trois concerts, prévus à Strasbourg et Amnéville, sont annulés à la dernière minute pour des raisons médicales. Les équipes du chanteur évoquent alors un simple temps de récupération. Les fans espèrent un retour rapide sur scène. Il n’en sera rien.

Le 9 mai 2023, Stromae publie finalement un message lourd de conséquences. « Je dois me résigner au fait que ma santé ne me permet pas de continuer à venir à votre rencontre pour l’instant », écrit-il. Quelques lignes plus loin, il annonce l’arrêt pur et simple du Multitude Tour, expliquant devoir « écouter ses limites ».

La décision est immense. Sur les 91 dates prévues, 46 concerts restaient encore à assurer jusqu’à la fin de l’année. Et presque tous devaient se jouer à guichets fermés.

Une facture estimée à 23 millions d’euros

Très vite, les chiffres donnent le vertige. Selon plusieurs estimations relayées par la presse belge, notamment Soir Mag, l’annulation des concerts aurait privé Stromae d’un manque à gagner d’environ 23 millions d’euros.

Comment arrive-t-on à une telle somme ? Le calcul repose sur un cachet estimé à environ 500 000 euros par date. Multiplié par les 46 concerts supprimés, le montant devient astronomique. Une addition d’autant plus salée que l’interprète de Papaoutai n’était pas seulement artiste : il était aussi coproducteur du spectacle via sa société Mosaert.

Cela signifie que Stromae ne perdait pas uniquement ses cachets de chanteur. Une partie des revenus liés à la production du show lui revenait également. Et dans le même temps, les dépenses continuaient.

Il a fallu rembourser les billets aux spectateurs. Les musiciens, techniciens et équipes de tournée ont dû être indemnisés. Les frais de logistique déjà engagés, les réservations de salles ou encore les coûts de promotion n’ont pas disparu avec l’arrêt de la tournée.

Selon plusieurs médias belges, un autre élément aurait aggravé la situation : Stromae n’aurait pas été assuré pour couvrir un arrêt aussi massif du Multitude Tour. Si cela était confirmé, une partie importante des pertes aurait dû être absorbée directement par les producteurs, parmi lesquels figurait justement l’artiste lui-même.

Une année noire… malgré des bénéfices records

Paradoxalement, cette période difficile n’a pas empêché Stromae d’afficher une santé financière impressionnante par la suite. En 2024, les comptes annuels de ses sociétés belges, Mosaert et Mosaert Label, ont révélé près de 8 millions d’euros de bénéfices cumulés.

Un chiffre qui a surpris jusque dans la presse économique belge. Car l’artiste venait pourtant de traverser une année marquée par l’arrêt brutal de sa tournée et une présence médiatique réduite.

L’explication tient notamment à la puissance de son catalogue musical. En seulement trois albums, Stromae a transformé des chansons très personnelles en succès mondiaux. Alors on danse, Formidable ou encore Papaoutai continuent de générer des revenus via les plateformes de streaming, les droits d’auteur et les diffusions internationales.

Dans Stromae, le vertige du succès, diffusé ce 1er juin sur France 4, plusieurs proches de l’artiste reviennent justement sur cette relation complexe entre succès massif et fragilité personnelle. Des artistes comme Orelsan ou le duo Bigflo & Oli y décrivent un créateur aussi discret qu’exigeant.

L’annulation du Multitude Tour restera comme un tournant. Financièrement, le coût a été immense. Mais pour Stromae, la priorité semblait ailleurs : préserver sa santé, quitte à laisser filer plusieurs millions d’euros.

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