Dans le canton de Vaud, les gens du voyage étrangers peuvent rester pendant trois mois sur la place de transit de Rennaz. Passé ce délai, ils devraient laisser la place à d’autres caravanes, selon les autorités. La date butoir était fixée à lundi pour les premiers arrivants, mais certains refusent de quitter les lieux.

Interrogés lundi par la RTS, des personnes issues de la communauté des gens voyages ont déclaré ne pas comprendre pourquoi elles devraient partir, alors que cela fait des décennies qu’ils viennent à Rennaz entre mars et octobre pour travailler.

« Nous faisons partie des habitués de cette place depuis 50 ans. On ne veut pas partir parce que des Espagnols ou des Italiens ont décidé de passer deux-trois mois ici, alors que nous, nous avons des permis B ou G, faisant de nous des frontaliers en Suisse », explique un homme en tenue de peintre.

Proche de Villeneuve, l’unique place de transit officielle du canton de Vaud peut accueillir jusqu’à 250 personnes. Elle est donc toujours très prisée. Les personnes rencontrées sur la place affirment ne pas savoir où aller si elles devaient effectivement quitter le lieu.

En cas de refus de partir, les voyageurs risquent de ne pas pouvoir revenir sur cette aire d’accueil officielle pendant trois ans, selon le médiateur cantonal pour les gens du voyage Laurent Curchod.

>> Le sujet du 12h45 : VD: les gens du voyage de la place de transit de Rennaz ne comptent pas partir VD: les gens du voyage de la place de transit de Rennaz ne comptent pas partir / 12h45 / 1 min. / aujourd’hui à 12:45 Le canton promet une réponse ferme

Les autorités affirment en effet que pour s’établir à Rennaz, les gens du voyage ont dû signer une convention qui stipule qu’ils ont le droit de rester 90 jours d’affilée sur une période de huit mois. Mais ceux à être restés lundi contestent cette convention et ont déjà fait appel à un avocat.

Les autorités promettent une réaction ferme. « Nous entendons faire respecter la convention qu’ils ont signée en arrivant début mars. Il y aura une injonction de quitter la place, avec des amendes à la clé en cas de non-respect de la convention. Une procédure est en cours et nous attendons une décision du tribunal », déclare Laurent Curchod. Aucune présence policière n’a toutefois été signalée sur les lieux lundi matin.

Les gens du voyage rencontrés par la RTS préviennent de leur côté qu’ils « ne rentreront pas dans ce chantage ».

Diana-Alice Ramsauer/ami