Alors que des législatives anticipées se dérouleront dimanche au Kosovo, la question du port du voile à l’école revient sur la table. La laïcité est inscrite dans la Constitution de ce pays à majorité musulmane.
Devant les facultés de sciences humaines de Pristina, les étudiantes voilées restent peu nombreuses. Pour Eda, 21 ans, le sujet ne devrait même pas faire débat.
« Je pense que personne ne devrait se mêler de la religion des autres. Ce n’est pas juste d’empêcher les filles voilées d’étudier. Leur voile n’a aucune incidence sur nous qui ne le portons pas », souligne-t-elle.
Modèle discriminant
Depuis son indépendance en 2008, le Kosovo se définit comme un Etat laïc, une orientation largement soutenue dans cette société très pro-occidentale. Mais la nouvelle génération juge aujourd’hui ce modèle trop rigide et discriminant.
Merisa, étudiante en philosophie, estime que le pays devrait « montrer plus de respect pour les convictions religieuses ». Elle regrette que la laïcité de l’Etat rende « très difficile la pratique religieuse pour les musulmans », alors que « la société est composée à 90% de musulmans ».
Nécessaire pour la stabilité du pays
De leur côté, les défenseurs d’une stricte laïcité estiment que celle-ci reste essentielle pour assurer la stabilité du jeune Etat kosovar.
La médiatrice, Shukrije Gashi, souligne que « dans un contexte où les tendances à la division sont omniprésentes, notamment entre musulmans, catholiques et orthodoxes, il est essentiel de préserver un équilibre et d’éviter toute dérive ». « C’est pour ça que la laïcité a été inscrite dans la Constitution », ajoute-t-elle.
Alors que le Kosovo cherche encore à s’affirmer sur la scène internationale, ces débats sur la place de la religion révèlent surtout un fossé générationnel, sans tensions majeures pour l’instant.
Louis Seiller/juma