Cela fait toujours plaisir de revoir un ancien confrère. Jacques Lahousse, à la retraite des pages de L’Indépendant depuis 2008, n’en a pas lâché pour autant sa plume et son appareil photo. Sans horaire contraint, il flâne et nous livre un beau panel de son œil aguerri dans son exposition « Hors Cadre » à La Capelleta de Céret.

Jacques Lahousse au milieu de ses oeuvres à la Capelleta de Céret

Jacques Lahousse au milieu de ses oeuvres à la Capelleta de Céret
Thierry Grillet

Du 22 février au 23 mars, l’exposition païenne de Jacques Lahousse s’expose à la chapelle. Nom di Dju ! Il y a même des bonnes sœurs qui divaguent dans les vagues de l’Atlantique et qui sur les cimaises immaculées côtoient une belle nudiste qui s’extasie face aux lames en furie d’Hossegor. Nous avons donc eu des hérétiques à l’Indèp ? Pour sûr, sinon quel ennui. Jacques faisait partie de cette génération de journalistes sans plan de carrière. Ils brillaient par leur originalité et tombaient des sujets à la gloire des vaincus, avec l’antigel et les clopes sur le burlingue. Le sous-titre de son expo photo (50 tirages grandes dimensions sur différents supports) « Séquences Éphémères » est un souffle d’air revivifiant dans cette période noire.

L'affiche de présentation de l'exposition

L’affiche de présentation de l’exposition
Jacques Lahousse

Les trois soeurs et l'océan

Les trois soeurs et l’océan
Jacques Lahousse

 

Un décalage obligatoire

Rentré en 1984 au journal et à l’agence cérétane, Jacques, né à Caen, fut d’abord comédien dans la Compagnie de l’Arche de Noé de Guillaume Lagnel avant de connaître la comédie humaine de notre profession. Un regard d’artiste dès le début, poursuivant un décalage obligatoire : « pratiquer la marge, comme une bulle d’oxygène. » Écrit-il si justement dans son texte de présentation. Une première exposition en 2002 à Amélie, « Mondes à Parts », un livre « Traces Tangibles » sur la peinture contemporaine avec son ancien compagnon de route au journal, le regretté Joël Mettay, ou encore l’expo en mode tryptique sur des artistes contemporains à la Maison de la Catalanité en 2023 : « Est-ce bien de l’Art ? », avec la permission de l’artiste Ben pour avoir repris sa formule.

La fille à la bouée

La fille à la bouée
Jacques Lahousse

Chanteuse soudanaise lors d'un festival

Chanteuse soudanaise lors d’un festival
Jacques Lahousse

Savourer les marges

Car Jacques est ainsi fait. Il savoure les marges, mais marque de son respect le travail des autres. C’est dans le regard plein de douceur qu’il porte sur ses personnages, en argentique comme en numérique, et en titrant judicieusement tous ses instants nomades, que son caravansérail personnel agit comme une onde salvatrice. Vernissage à la Capelleta le vendredi 27 février à 18 h 00 (voir vidéo réalisé par Yasin Joya). Pas besoin de se forcer.

De la lecture et les pieds au frais

De la lecture et les pieds au frais
Jacques Lahousse