La manifestation contre le G7 du 14 juin aura lieu le même jour que la traditionnelle grève féministe et que la votation sur la Suisse à 10 millions. A Genève, où la loi cantonale sur les horaires des commerces le dimanche sera également au menu, les syndicats s’inquiètent que leurs revendications passent inaperçues.

Le 14 juin est une date sanctuarisée pour les droits des femmes, et le syndicat Unia avait d’autres plans. Cette concentration d’événements fait craindre aux syndicats que leur message soit éclipsé.

Yves Defferrard, secrétaire régional d’Unia Genève, avait même demandé à la coalition No-G7 de décaler la date de la manifestation, sans succès. Pour lui, il aurait été plus efficace de manifester le 13 juin ou pendant le G7, afin qu’Unia puisse se concentrer le 14 sur la grève féministe et les résultats des votations.

« Nous sommes totalement derrière les revendications de la coalition No-G7. Nous les partageons à 100%. Simplement, nous souhaitons dire clairement que ce jour-là, il y a beaucoup d’autres enjeux », détaille dans l’émission Forum de lundi Yves Defferrard.

« On aimerait pouvoir avoir une certaine place, notamment pour mettre en avant la problématique des dimanches avec les vendeuses, la Suisse à dix millions, et tous les problèmes d’égalité des femmes. Le 14 juin est la journée des droits des femmes et on n’aimerait pas que ceci soit complètement éclipsé », glisse Yves Defferrard.

Peur d’un message dilué

Cette critique sur la « convergence des luttes » n’est pas seulement logistique. A droite de l’échiquier politique, on y voit une erreur stratégique qui dilue le message féministe. Attachée à cette lutte, Estelle Grossmann-Tanari, vice-présidente du PLR genevois, regrette que le collectif féministe se noie dans la masse anti-G7.

« Je refuse que cette cause serve de véhicule à d’autres revendications qui risquent de décrédibiliser la cause de la femme », s’inquiète-t-elle.

« Quand il y a trop de messages ensemble, comme avec cette manifestation, on perd le message principal. Pour moi, ça devrait être une cause, une manifestation. Tout mettre ensemble rend la chose illisible », poursuit Estelle Grossmann-Tanari.

Demande de manifestation le 14 juin

Pour rendre sa cause visible malgré tout, Unia a demandé au Canton l’autorisation d’installer le 14 juin un stamm au parc Geisendorf à Genève, a appris la RTS. L’objectif est de créer un espace de discussion axé sur les « autres » enjeux du jour: les résultats de la votation sur la Suisse à 10 millions, la loi sur les commerces et des thématiques féministes. Pour l’instant, l’autorisation définitive n’est pas tombée, mais selon le syndicat, le Canton a émis un préavis favorable.

Point rassurant pour les syndicats, l’horaire de la grande manifestation No-G7 à 16h00 n’empiétera pas sur les résultats de votations à la mi-journée. Cela leur permettra d’aborder les enjeux des votations et de la grève féministe tout en rejoignant plus tard la manifestation No-G7.

Miguel Hernandez avec Charlotte Frossard/asch