La blonde la plus célèbre du 7e art aurait eu 100 ans le 1er juin. Retour sur cinq rôles qui ont forgé sa légende.
Le talent comique et dramatique de la star, pourtant présent dès ses premiers films, a longtemps été ignoré de la critique française, la regardant uniquement à travers son image de pin-up. A chaque décennie, la figure de Marilyn est convoquée. Depuis quelques années, dans un contexte où les questions féministes traversent le débat public et le cinéma, c’est son expérience de femme qui est mise en avant. Aujourd’hui, la légende de Monroe est enfin relue à travers son jeu d’actrice. Voilà cinq films rentrés dans les annales du 7e art, grâce au jeu de Marilyn Monroe, qui se révèle derrière sa célèbre silhouette et son illustre nom en véritable actrice.
Les Hommes préfèrent les blondes, de Howard Hawks (1953)
Marilyn Monroe devient Lorelei Lee, une blonde, faussement ingénue et fascinée par l’argent. Dans une séquence qui a marqué l’histoire du cinéma et sa filmographie, tout de rose vêtue, les poignets et le cou ornés de diamants, elle chante Diamonds Are a Girl’s Best Friend. Entourée d’hommes en noir qui lui font la cour, l’actrice à la sensualité exacerbée joue de son pouvoir d’attraction : en vraie meneuse de revue, d’un geste d’éventail, elle gifle leur joue ou leur front. En une chanson, elle déjoue l’image de la femme vénale, se moque de l’avidité des hommes, et loue l’indépendance des femmes.

20th Century Fox
Sept ans de réflexion, de Billy Wylder (1955)
Une jeune femme s’avance sur la grille d’aération, sa robe blanche décolle, laissant apercevoir son sous-vêtement. C’est sur le tournage de Sept ans de réflexion que l’actrice va forger sa légende. “Plus haut Marilyn !” hurle la foule. Elle a 28 ans et elle ignore encore que cette scène deviendra une des plus célèbres de la culture populaire. C’est à travers cette image que l’actrice existe dans l’esprit du public: une femme attrayante, le sourire large, qui retient sa robe.

20th Century Fox
Arrêt d’autobus, de Joshua Logan (1956)
Si Marilyn est fortement dénudée dans le film de Joshua Logan, c’est bien plus que sa peau qu’elle laisse voir. L’actrice excelle dans le rôle de la pimpante Cherie. Entre mélancolie, gaieté enfantine et rage, Monroe se fond avec adresse dans les différentes émotions de cette vedette de cabaret. Même les critiques qui ne la considéraient que comme un sex-symbol ont reconnu qu’elle avait quelque chose de rare à l’écran : une vulnérabilité très authentique.

20th Century Fox
Certains l’aiment chaud, de Billy Wylder (1959)
Marilyn retrouve Billy Wilder et dévoile toute l’étendue de son talent comique en incarnant Sugar Kane. En noir et blanc, son personnage, une bouteille à la main, fait face, sans pâlir au génie comique de Jack Lemmon. Les yeux ahuris, la bouche entrouverte d’étonnement ou le corps sautillant sur un quai de gare, l’actrice montre une grande maîtrise du comique de geste. Le film apparaît en première position au classement des plus grandes comédies de l’American Film Institute des « 100 plus grandes comédies ».

Ashton Productions, Inc
Les Désaxés, de John Huston (1961)
La star tourne ce scénario d’Arthur Miller, qui lui offre un vrai rôle de composition. Elle y interprète Roslyn, une jeune femme à la dérive, fragile et rageuse. Ce personnage en rébellion avec la gent masculine, offre à Marilyn l’occasion de s’illustrer dans un rôle dramatique. Et la comédienne crève l’écran. Le long-métrage est d’abord mal accueilli, mais, des décennies plus tard, avec la réévaluation critique du film, la performance de l’actrice est saluée et Les Désaxés devient un film majeur du répertoire.

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