À l’aide de techniques de microscopie, l’équipe de recherche a repéré un réseau de filaments d’actine déployé à la surface de cellules épithéliales de la peau. Ce réseau comprend des carrefours en forme d’étoile et de longs câbles reliant des dizaines de cellules entre elles. Cette structure dite supracellulaire peut se contracter et produire une tension à la surface des cellules. Elle demeure également dynamique et se réorganise lorsque les cellules migrent collectivement.

Des forces transmises sur de longues distances

Les résultats des travaux indiquent que ce réseau d’actine est mobilisé dans la transmission des forces mécaniques sur de longues distances, jusqu’à 14 cellules plus loin. Les travaux apportent ainsi un nouvel éclairage sur les propriétés biomécaniques des tissus épithéliaux.

«Ces structures supracellulaires d’actine pourraient jouer un rôle essentiel dans la fonction de barrière assurée par ces tissus, souligne Gregory Emery, également professeur au Département de pathologie et biologie cellulaire de l’UdeM. Leur analyse pourrait améliorer notre compréhension de processus biologiques tels que la morphogenèse, c’est-à-dire la formation des tissus et des organes, ou la cicatrisation. Elles offrent également une nouvelle perspective pour explorer certaines maladies touchant les épithéliums.»