Peuplée de monstres étranges, cette réapparition a quelque chose de labyrinthique. Disparu des radars depuis plus de 80 ans, le tableau Villa Pilar (1940), peint par l’artiste surréaliste Leonora Carrington (1917–2011) durant son internement dans un sanatorium espagnol, vient d’être retrouvé dans les archives familiales du psychiatre qui la soignait. L’œuvre sera dévoilée pour la première fois au public en rejoignant à partir du 1er juillet (et jusqu’au 10 août) l’exposition « Leonora Carrington : The Symptomatic Surreal », présentée au Freud Museum de Londres.

Villa Pilar offre une incursion dans l’une des périodes les plus sombres de la vie de Carrington. En 1940, après l’arrestation de son compagnon, le peintre surréaliste Max Ernst, par les autorités françaises et sa fuite de la France occupée, l’artiste britannique sombre dans une profonde crise psychique. Sa famille la fait interner au sanatorium du docteur Luis Morales, près de Santander. Soumise à de lourds traitements psychiatriques, elle trouve dans le dessin et la peinture un refuge et un exutoire qui l’aident à survivre.

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Un bestiaire étrange peuplé de créatures hybrides

Les descendants du psychiatre conservaient discrètement l’œuvre depuis des décennies.

Les historiens de l’art ne connaissaient jusqu’ici que Down Below, l’autre tableau réalisé durant cette période. Villa Pilar, offert par Carrington à son médecin à sa sortie de l’établissement, semblait quant à lui avoir disparu. Sa localisation n’a été confirmée que récemment grâce aux recherches menées par les équipes du futur centre d’art Faro Santander, qui ont retrouvé la trace des descendants du psychiatre. Ces derniers conservaient discrètement l’œuvre depuis des décennies.

La toile dévoile un bestiaire étrange peuplé de créatures hybrides, mi-humaines, mi-animales, évoluant dans un paysage verdoyant et inquiétant. On y retrouve plusieurs motifs chers à Carrington, comme le cheval, son alter ego récurrent, ou encore le paon, symbole d’immortalité, qui annoncent déjà l’univers ésotérique et alchimique qu’elle développera plus tard au Mexique.

Une toile qui apporte un nouvel éclairage sur l’artiste

Cette redécouverte pourrait contribuer à réévaluer un chapitre souvent réduit à la seule biographie tragique de l’artiste. L’exposition londonienne entend précisément replacer ces œuvres au cœur de son évolution artistique plutôt que de les considérer comme les simples témoins d’un effondrement psychique.

L’entrée du Freud Museum à Londres

L’entrée du Freud Museum à Londres

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Après son étape au Freud Museum, Villa Pilar rejoindra Santander où elle sera exposée pour la première fois aux côtés de Down Below, dans la ville même où les deux tableaux ont été peints. De quoi enrichir une œuvre dont de nombreux pans restent à explorer, quinze ans après la disparition de l’artiste qui est également actuellement exposée au musée du Luxembourg jusqu’au 19 juillet !

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Leonora Carrington: The Symptomatic Surreal

Du 25 mars 2026 au 10 août 2026

www.freud.org.uk