Présentée lors d’un événement organisé ce 3 juin à Mons, l’initiative est portée par le Service de Psychologie Cognitive et Neuropsychologie de la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation de l’UMONS, dirigé par le professeur Laurent Lefebvre. La recherche sera coordonnée par la professeure Isabelle Simoes Loureiro, en partenariat avec l’ASBL Le Bien Vieillir, centre d’expertise reconnu dans l’accompagnement des personnes âgées et des professionnels du secteur.
Intervenant clé dans les maisons de repos, les référents en démence accompagnent au quotidien les résidents atteints de maladies neurodégénératives. Pourtant, ces professionnels sont régulièrement confrontés à des situations complexes, sans toujours disposer d’un accès simple à des ressources validées ou à un réseau structuré d’échanges. C’est à cette réalité de terrain que le projet montois entend répondre.
Une plateforme conçue avec les professionnels
Intitulé « Référent·es en démence : co-construction d’une plateforme numérique collaborative pour un accompagnement de qualité en maison de repos », le projet vise à développer un outil numérique collaboratif destiné aux professionnels du secteur. La plateforme rassemblera des ressources scientifiques, des outils pratiques, des fiches thématiques ainsi qu’un espace favorisant les échanges entre pairs.
L’originalité de la démarche réside dans son caractère participatif. Les futurs utilisateurs seront associés aux différentes étapes du projet afin que l’outil réponde réellement aux besoins du terrain. Les équipes de l’UMONS travailleront ainsi à identifier les attentes des référents en démence et à évaluer l’adéquation de la plateforme avec leur pratique quotidienne.
Cette collaboration étroite entre chercheurs et professionnels doit permettre de croiser les connaissances scientifiques avec l’expérience de terrain pour développer des solutions concrètes et immédiatement mobilisables dans les établissements d’hébergement.
Diffuser les bonnes pratiques en Wallonie
Au-delà de la création de l’outil, les chercheurs souhaitent également mesurer son impact sur les compétences, les pratiques professionnelles et le sentiment d’efficacité des référents en démence. À terme, l’ambition est de favoriser la diffusion de bonnes pratiques à l’échelle de la Wallonie, de renforcer le soutien aux équipes de soins et d’améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de maladies neurodégénératives.
« Les professionnels référents des pathologies neurodégénératives jouent un rôle central dans les maisons de repos, mais ils sont souvent confrontés à des questions complexes et à un manque d’outils adaptés », souligne la Professeure Isabelle Simoes Loureiro. « Notre objectif est de construire avec eux une plateforme qui leur apporte des réponses concrètes, fondées sur les connaissances scientifiques et sur les réalités du terrain ».
Le projet s’inscrit dans un contexte démographique particulièrement préoccupant. Aujourd’hui, plus de 220.000 personnes vivent avec une forme de démence en Belgique. Selon les estimations, ce chiffre pourrait encore progresser de 20 % d’ici 2033, accentuant davantage la pression sur les structures de soins et les professionnels qui y travaillent.

La Fondation Stop Alzheimer vient d’annoncer un investissement global de plus de 500.000 euros pour soutenir six projets de recherche psychosociale innovants à travers le pays. ©UMONS G ZIDDA
« Nous avons déjà investi plus de 40 millions d’euros dans la recherche fondamentale et clinique », rappelle Lucie Leroux, responsable de la Fondation Stop Alzheimer. « Ces efforts sont essentiels et ont permis des avancées prometteuses. Mais les traitements ne seront pas disponibles à temps pour répondre aux besoins des patients actuels et futurs. »
Face à cette réalité, la Fondation estime indispensable d’agir dès maintenant sur l’accompagnement quotidien des personnes touchées par la maladie. « Le nombre de personnes atteintes augmente de manière exponentielle, alors que les structures de soins sont déjà fortement sollicitées. Il est impératif d’optimiser leur fonctionnement pour garantir une prise en charge digne et personnalisée sur le long terme. C’est précisément le rôle de la recherche psychosociale. »
Pour l’UMONS, ce nouveau financement confirme son engagement dans la recherche consacrée aux troubles cognitifs et au vieillissement. Avec ce projet, l’université montoise espère transformer les avancées scientifiques en outils concrets capables d’améliorer le quotidien des professionnels, mais aussi celui des milliers de personnes confrontées à la maladie d’Alzheimer et aux pathologies apparentées.