Ce samedi 6 juin, à 21 heures, les téléspectateurs de France 3 vont enfin découvrir Meurtres en Balagne. Un rendez-vous attendu par ses créateurs, mais aussi par de nombreux Corses. En effet, pour la première fois, la célèbre collection policière Meurtres à… fait escale sur l’île. Derrière ce projet figure le producteur Jean-Marie Antonini. Une aventure qui ne doit rien au hasard.

Faire escale en Balagne

 » Je connaissais la collection et je savais qu’elle n’avait jamais fait escale en Corse « , explique-t-il. Convaincu du potentiel du territoire, il soumet alors l’idée à France Télévisions. La chaîne adhère rapidement au projet. Pour mener à bien l’aventure, il s’associe à la productrice Isabelle Drong, fondatrice d’Izba Production et déjà familière des tournages insulaires grâce à la série Le Temps est assassin. Le développement peut commencer. Jean-Marie travaille le traitement du scénario avec sa compagne Julia Retali. Une étape importante parce que la collection impose un cadre précis.  » Meurtres à… est une collection très codifiée, mais nous avons essayé d’apporter une diversité, de nous différencier à l’intérieur du cadre « , détaille la scénariste.

L'unitaire de France Télévisions a été tourné il y a un an et six mois.L’unitaire de France Télévisions a été tourné il y a un an et six mois. OLIVIER SANCHEZ/CRYSTAL PICTURES

Le résultat prend la forme d’un polar où la commissaire Emma Colonna, incarnée par Anne Suarez, revient en Corse pour commémorer la disparition de son mari. Son séjour est bouleversé lorsqu’un corps est retrouvé pendu sur les remparts de Calvi, dans une mise en scène évoquant une légende locale. Une enquête qui mêle mystère, vengeance et secrets de famille…

Une Corse authentique plutôt que des clichés

Pour Jean-Marie Antonini et Julia Retali, le choix de la Balagne s’est imposé naturellement.  » C’est notre région. Nous la connaissons par cœur. Nous savions qu’elle offrait un décor naturel idéal pour le film.  » Mais au-delà des paysages, l’ambition était surtout de proposer une représentation sincère de l’île.  » On voulait que le spectateur soit immergé dans la culture corse et dans son identité. C’est aussi pour cela que je tenais à ce qu’il y ait des dialogues en langue corse. « 

Loin des représentations attendues, les auteurs ont volontairement écarté certains thèmes rebattus.  » Nous avons évité les clichés habituels : les bandits, la mafia… Au-delà de l’enquête policière, nous parlons avant tout d’humains.  » Une philosophie résumée par une phrase devenue leitmotiv durant toute la préparation du film :  » À chaque réunion avec l’équipe technique et artistique, je répétais : la véritable star du film, c’est la Corse. « 

Des talents corses devant et derrière la caméra

Accueilli à bras ouverts dans plusieurs communes de Balagne, de Calvi à Feliceto, le tournage dure vingt-et-un jours, entre novembre et décembre 2024. Le producteur choisit de faire largement appel aux compétences locales. Une volonté affirmée dès les premières discussions avec France Télévisions.  » Nous souhaitions travailler avec une majorité de techniciens corses et cela a été possible grâce au soutien de la Collectivité. « 

Jean-Philippe Ricci, en novembre 2024, sur le tournage.Jean-Philippe Ricci, en novembre 2024, sur le tournage. OLIVIER SANCHEZ/CRYSTAL PICTURES

Jean-Marie salue d’ailleurs la montée en puissance de ces équipes insulaires, portées par la multiplication des tournages et les formations proposées sur le territoire. Cette présence corse se retrouve également à l’écran. Aux côtés des rôles principaux interprétés par Anne Suarez et Clément Moreau, plusieurs comédiens insulaires figurent au casting, parmi lesquels Jean-Philippe Ricci, Pierre-Marie Mosconi ou encore Marie-Pierre Nouveau.

Si la diffusion a pris plus de temps que prévu en raison d’une réorganisation des programmes de France Télévisions suite à la commission d’enquête parlementaire, Jean-Marie Antonini se réjouit finalement de cette sortie à l’approche de la saison touristique. On sait en effet que ce type de programme, à forte audience, entraîne des retombées économiques. Au-delà de ce premier passage dans la collection Meurtres à…, le producteur y voit surtout une preuve supplémentaire du potentiel de l’île dans le domaine de l’audiovisuel.  » La Corse dispose d’un potentiel gigantesque, non seulement en termes de paysages mais aussi de dramaturgie. Nous avons beaucoup d’histoires à raconter. «