Près de 500 cas d’infection du virus Ebola ont désormais été confirmés en Afrique centrale. L’inquiétude grandit face à l’ampleur de l’épidémie de cette fièvre hémorragique, qualifiée par l’OMS d’urgence de santé publique de portée internationale.
Dans sa mise à jour quotidienne, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé samedi 452 cas confirmés, dont 82 décès, en République démocratique du Congo, où l’épidémie a été déclarée il y a trois semaines. Elle a par ailleurs comptabilisé 19 cas confirmés en Ouganda, dont deux décès. Soit une hausse totale de 100 cas et 20 décès par rapport à la veille.
Cette augmentation intervient alors que se multiplient les avertissements selon lesquels l’épidémie actuelle, déclarée officiellement le 15 mai dans le nord-est de la RDC, pourrait rivaliser avec l’épidémie record de 2014-2016.
Partie de Guinée, cette épidémie, la plus violente de l’histoire d’Ebola, avait frappé l’Afrique de l’Ouest jusqu’en 2016 et fait plus de 11’000 morts, selon l’OMS.
En l’absence de mesures fortes de santé publique, « ce niveau est possible », a estimé un responsable du Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), la principale agence sanitaire étasunienne.
« Se préparer au pire » mais sans paniquer
Dans un rapport publié vendredi, cette agence présente plusieurs modèles possibles d’évolution de l’épidémie, des modèles « conçus pour faciliter la prise de mesures, et non pour semer la panique ».
Un agent de santé désinfecte une ambulance au centre de traitement de Mongbwalu, Congo, le vendredi 5 juin 2026. [Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved – MOSES SAWASAWA]
Mais selon ses auteurs, il faut « se préparer au pire » et à mettre en place une réponse sanitaire aussi forte que celle qui avait été mise en place il y a plus de dix ans en Afrique de l’Ouest.
Plan de lutte à 518 millions
Ebola, qui se transmet par contact rapproché et par les fluides corporels, a tué plus de 15’000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. Il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique approuvé contre la forme rare du virus de l’espèce Bundibugyo, à l’origine de l’épidémie actuelle.
L’OMS et le CDC africain ont lancé vendredi un plan de 518 millions de dollars pour combattre l’épidémie au cours des six prochains mois, en mettant notamment l’accent sur le renforcement de la surveillance, des tests de laboratoire et de la prévention.
Le personnel médical manipule le corps d’une victime d’Ebola à l’hôpital général de Bunia, en République démocratique du Congo, le 3 juin 2026. [KEYSTONE – DIEUDONNE DIROLE]
« Nous devons stopper l’épidémie là où elle se trouve, soutenir les pays qui interviennent aujourd’hui et veiller à ce que les pays voisins soient prêts à détecter et à agir rapidement si des cas apparaissent », a expliqué vendredi le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus. « C’est une épidémie grave, nous savons comment l’endiguer, mais nous devons agir vite et ensemble ».
>> Ecouter aussi : Pourquoi Ebola revient-il sans cesse ? / Le Point J / 13 min. / mercredi à 17:00
jop avec agences