Capitale de l’art belge, Bruxelles fait aussi venir les artistes du monde entier, qui se forment sur les bancs de la prestigieuse école de La Cambre, puis y restent pour installer leur atelier dans ses grands espaces à prix réduit. Moins élitiste que Paris et Londres, Bruxelles jouit à la fois d’un esprit irrévérencieux et d’une centralité qui lui permettent d’attirer les collectionneurs dans les allées de la foire Art Brussels (en avril) ou Ceramic Brussels (en janvier).
Nombre de galeries internationales y ont installé une succursale, comme l’américaine Nino Mier, la brésilienne Mendes Wood DM, ou les françaises Daniel Templon, Almine Rech, Nathalie Obadia, La Forest Divonne et Michel Rein. Pour cette sélection réduite (elle aurait pu être quatre fois plus longue), nous avons choisi de nous concentrer sur les galeries nées en Belgique et/ou fortement engagées sur la scène belge. En route !
La plus incontournable : la galerie La Patinoire Royale Bach

La nef de la galerie la Patinoire Royale Bach sans accrochage
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Si vous deviez n’en voir qu’une, ce serait elle. Pour son cadre architectural, déjà : au cœur d’Ixelles, ce vaste bâtiment a été construit en 1877 pour abriter la première patinoire à roulettes du monde, surnommée « Royal Skating ». Transformé successivement en garage et en dépôt d’armes, puis classé monument historique en 1995, il a été acquis par la galeriste Valérie Bach et le collectionneur Philippe Austruy en 2007, avant d’être entièrement rénové par les architectes Jean-Paul Hermant (pour la structure) et Pierre Yovanovitch (pour l’intérieur). Depuis, ses 3 000 m2 d’exposition (dont plus de 1000 rien que pour la nef) enchaînent les gros coups – en 2025, on a ainsi pu y voir le dernier projet du Chilien Alfredo Jaar, un petit cube de dix centimètres par dix, seul dans cet espace immense. Le goût du risque de Valérie Bach mérite autant le détour que son nid hors du commun.
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La Patinoire Royale/Galerie Valérie Bach
15 Rue Veydt • 1060 Bruxelles
www.prvbgallery.com
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La plus enracinée : la galerie Xavier Hufkens

Façade de la galerie Xavier Hufkens rue Saint-Georges, 2022
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Courtesy galerie Xavier Hufkens, Bruxelles / © Kristien Daem
En 2027, elle fêtera ses 40 années d’existence. Désormais riche de trois espaces d’exposition distants de quelques minutes à pied, rue Van Eyck et rue Saint-Georges, la galerie fondée en 1987 par Xavier Hufkens (il n’avait alors que 22 ans !) a débuté dans un entrepôt, près de la gare du Midi. Depuis les années 2000, elle s’est considérablement agrandie et démultipliée. Xavier Hufkens a confié la rénovation de ses trois espaces, dont un hôtel particulier à Ixelles, à des architectes de renom (Harry Gugger, Robbrecht en Daem) et défend de grands noms de l’art d’aujourd’hui, tels que Tracey Emin, Antony Gormley, Thomas Houseago. Nombre d’entre eux y ont eu leur première exposition en Belgique… Une institution.
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Galerie Xavier Hufkens
6 Rue Saint-Georges • 1050 Ixelles
www.xavierhufkens.com
La plus ouverte : la galerie Sorry We’re Closed

Vue de l’exposition « New Sculptures » de Thomas Kiesewetter à la galerie Sorry We’re Closed, 2026
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© Sorry We’re Closed – HV Studio
Au cœur du Sablon, quartier historique et central de Bruxelles (où l’on arpentera entre autres les allées du fameux marché d’antiquités), la galerie Sorry We’re Closed est un arrêt indispensable. Installée depuis 2021 dans un sublime hôtel particulier néo-classique de 400 m2, non dénué de caractère avec son grand escalier, ses moulures et ses plafonds hauts, elle a été créée en 2008 par Sébastien Janssen pour défendre des artistes émergents, internationaux mais exposant le plus souvent pour la première fois en Belgique ou en Europe. Le galeriste a également développé une branche dédiée aux bijoux d’artistes, signés de très grands noms (Pablo Picasso, Arman, Dorothea Tanning, Ugo Rondinone). Précieux !
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Galerie Sorry We’re Closed
39 Rue des Minimes • 1000 Bruxelles
www.sorrywereclosed.com
La plus intellectuelle : la galerie Harlan Levey Projects

La galerie Harlan Levey Projects présente l’exposition « The Day the Sky Hung Low » d’Ella Littwitz, 2024
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Courtesy Ella Littwitz et galerie Harlan Levey Projects, Bruxelles / © Photo Adriaan Hauwaert
Le temps des galeries, c’est celui, effréné, des expositions courtes, des vernissages, des accrochages-décrochages permanents et des foires à répétition. Heureusement, certaines d’entre elles, dont Harlan Levey Projects, prennent aussi le temps de la réflexion. Fondé en 2013 comme un project space aux missions transdisciplinaires et hybrides, la galerie a déménagé en 2021 dans un espace de 250 m2 repensé par l’architecte Noro Khachatryan à Molenbeek, lequel héberge également des ateliers de production. Aujourd’hui, elle continue de défendre un nombre restreint d’artistes (ils sont douze, dont Amélie Bouvier, Sheida Soleimani, Ria Verhaeghe), revendique travailler dans la lenteur avec au maximum cinq expositions par an, et offrir « plus de temps à la réflexion » comme à de passionnants projets curatoriaux. Une galerie avec une ambition de centre d’art.
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Galerie Harlan Levey Projects
65 Rue Isidoor Teirlinck • 1080 Molenbeek-Saint-Jean
hl-projects.com
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La plus écolo : la galerie LMNO

L’un des deux pavillons de la galerie LMNO
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© Photo Philippe De Gobert
Deux petits pavillons du XIXe siècle à l’orée du vaste bois de la Cambre : quelle trouvaille pour la sympathique et dynamique galerie LMNO, qui y a emménagé en 2025 ! Non seulement l’espace est insolite et patrimonial, mais en plus il s’accorde parfaitement à sa ligne curatoriale. Depuis sa fondation en 2016 par Natacha Mottart, Christophe Veys et Olivier Legrain, la galerie s’est en effet donné une mission : « Amener les sciences du vivant dans le monde de l’art contemporain et l’art contemporain dans le monde des sciences du vivant. » Autrement dit, exposer des artistes qui s’intéressent de (très) près à la nature. Quoi de mieux donc que l’orée d’un bois, pour des expos s’intitulant « Jardin expérimental », « Prélude d’une feuillaison » ou « À l’aube du crépuscule » !
544 Avenue Louise • 1000 Bruxelles
lmno.be
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