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C’est certainement le vote le plus attendu de cette session d’été. Le Conseil national doit décider s’il souhaite ou non lever l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires, via le contre-projet indirect à l’initiative «Stop au black-out» concocté par le conseiller fédéral Albert Rösti. Ce lundi après-midi, les élus ont entamé un véritable marathon; 99 orateurs sont annoncés. Les échanges se poursuivront tard dans la soirée et se termineront ce mardi matin, voire le lundi 15 juin (date de réserve). Les débats vont s’étaler sur une dizaine d’heures, une durée à la hauteur de l’enjeu. Après le feu vert du Conseil des Etats en mars, un oui du National provoquerait un virage à 180 degrés de la politique énergétique suisse. Le 21 mai 2017, en effet, la majorité du peuple approuvait la stratégie énergétique 2050. Portée par la conseillère fédérale Doris Leuthard, celle-ci prévoyait de faire sortir progressivement le pays du nucléaire.

Il y a dix ans, le choc de l’accident nucléaire de Fukushima et de grands espoirs quant au potentiel des renouvelables avaient dominé les réflexions. Aujourd’hui, le contexte politique est tout autre. Il est marqué, depuis la guerre en Ukraine, par la crainte de pénuries et une explosion de la demande d’électricité, causé par l’essor de l’électromobilité et le boom de l’intelligence artificielle. Ce dimanche encore, un sondage, commandé par l’Association des entreprises électriques suisses (AES), confirmait ce changement de perception: 58% de la population ressent de l’inquiétude par rapport à la sécurité d’approvisionnement en électricité à long terme. De même, 79% des personnes interrogées se déclarent favorables à une prolongation de la durée d’exploitation des centrales nucléaires existantes.