Jusqu’au 30 juin, les murs de l’annexe de la galerie Izart à Pont-Aven (Finistère) se parent d’œuvres natives de deux peuples du Grand Chaco, une des principales régions de l’Amérique du Sud. Sur les conseils de l’écrivaine Laura Alcoba, Izabela de Maistre, en voyage en Argentine, loge à San Telmo, quartier historique des marchands d’antiquités de Buenos Aires, en face de la galerie Nativo Argentivo. L’idée d’un partenariat fait son chemin…

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« Sociologue et ethnologue, j’ai étudié les processus d’élaboration d’artefacts de plusieurs ethnies sud américaines. La création de la galerie est une suite logique, elle permet d’assurer un revenu décent aux artisans », témoigne Georges Cordone, fondateur de la galerie Nativo Argentino en 2000.

Depuis vingt-cinq ans, la galerie s’inscrit dans un modèle économique équitable et contribue à préserver les techniques de fabrication ancestrale en créant des emplois durables. « Nous assurons des formations professionnelles au sein de plusieurs communautés afin de garantir des normes de qualité. Ainsi, ils peuvent continuer à faire ce qu’ils ont toujours fait », poursuit Georges Cordone.

Masques Chané

Durant un mois, les visiteurs peuvent découvrir un large éventail de masques zoomorphes Chané aux couleurs éclatantes. « Traditionnellement, les grands masques sont portés lors des cérémonies. Ils représentent les animaux de la forêt. Aujourd’hui, nous exposons des petits formats en bois de palo borracho », explique le sociologue. Le palo borracho (bâton ivre) ou ceiba speciosa est un arbre très léger, un bois d’eau qui met beaucoup de temps à sécher. « Les artisans sculptent à même l’arbre. Par le biais d’offrandes, Ils doivent demander la permission à l’esprit Kaiya avant d’extraire le bois », ajoute Georges Cordonne. Les Chané se concentrent actuellement sur l’obtention de la propriété légale de leurs terres.

Textiles Wichi

Une partie de l’exposition est consacrée à l’art textile de l’ethnie Wichi du Grand Chaco argentin. « En ce moment, on se bat pour maintenir le design traditionnel. Tous les motifs ont un sens et une connotation chamanique : dos de l’autruche, oreille de tatou, griffes de vautour par exemple », détaille le sociologue. Les pièces textiles sont fabriquées en fibre de chàgar, tissées à la main et teintées avec des teintures naturelles.

Jusqu’au 30 juin 2026, annexe de la galerie Izart, 6 bis rue Lomenech. Ouvert tous les jours. Contact : 02 98 06 43 92 et galerie@galerie-izart.com