Le Mondial de football est sur le point de débuter dans un climat tendu lié aux restrictions migratoires américaines. Des membres de fédérations nationales n’ont toujours pas pu voyager aux Etats-Unis. La FIFA est aussi touchée, un arbitre s’étant vu refuser son visa.
A deux jours du coup d’envoi de la Coupe du monde de football, les tensions se multiplient autour de la stricte politique migratoire américaine. Les exigences de visas compliquent l’accès aux Etats-Unis. Supporters, membres de staff, joueurs ou arbitres font ainsi face à des refus ou des blocages à la frontière.
Le cas le plus retentissant est celui de l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, refoulé par la police américaine des frontières samedi à son arrivée à Miami, en provenance d’Istanbul, le forçant à renoncer au Mondial.
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La Fédération internationale de football association (FIFA), qui a annoncé que son arbitre n’officierait pas dans la compétition, a expliqué dans un communiqué qu’elle « n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte, y compris dans l’octroi des visas ».
L’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan lors d’un match de la Coupe d’Afrique des nations en 2024. [AFP – KENZO TRIBOUILLARD]
Omar Abdulkadir Artan disposait pourtant d’un visa en règle, selon le ministère somalien de la Jeunesse et des Sports, dont les citoyens sont frappés d’une interdiction de voyager aux Etats-Unis par l’administration de Donald Trump. Le ministère a défendu « l’intégrité » de l’arbitre, l’assurant de son « soutien indéfectible ». Omar Abdulkadir Artan est un professionnel reconnu, nommé meilleur arbitre africain l’an dernier.
L’Iran dans le flou
L’Iran fait de son côté l’objet d’une attention particulière dans le contexte de la guerre. Le flou règne toujours sur les conditions d’accès aux Etats-Unis de l’équipe iranienne, qui a pris ses quartiers dimanche à Tijuana, au Mexique, au lieu de Tucson, dans l’Etat américain de l’Arizona, comme initialement prévu.
Les autorités américaines ont refusé de délivrer des visas de longue durée aux membres de l’équipe, alors qu’ils jouent leurs trois matches de phase de groupes aux Etats-Unis. Une quinzaine de membres de la délégation, dont le président de la fédération iranienne de football Mehdi Taj, n’ont pas du tout obtenu de visa.
>> Les précisions du 12h45 :
La politique migratoire de Trump a un impact direct sur la Coupe du monde de football / 12h45 / 1 min. / aujourd’hui à 12:45
Les supporters iraniens pourraient aussi faire les frais des tensions géopolitiques avec Washington. Mardi, la fédération nationale a accusé les Etats-Unis de lui avoir retiré son quota de tickets pour la Coupe du monde, contrairement au règlement de la FIFA qui attribue des places à chaque pays pour ses matches.
Fouilles et contrôles
La semaine dernière, l’attaquant de l’équipe de Suisse Breel Embolo n’avait pas pu partir avec ses coéquipiers car son autorisation de voyage électronique (ESTA) a été invalidée au dernier moment. Les autorités américaines souhaitaient obtenir des renseignements supplémentaires sur sa condamnation pour des menaces proférées en 2018. Le joueur bâlois a donc dû faire une demande de visa auprès de l’ambassade américaine à Berne, un visa qui lui a finalement été délivré. L’Helvète a ensuite pu entrer aux Etats-Unis.
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L’Irak a également connu des problèmes administratifs à son arrivée aux Etats-Unis. Selon le journal britannique The Guardian, l’attaquant vedette Aymen Hussein a été retenu près de sept heures samedi à l’aéroport de Chicago, tandis que le photographe officiel de la sélection s’est vu refuser l’entrée sur le territoire après plus de dix heures d’attente, malgré un visa valide.
L’accueil de l’équipe du Sénégal par les autorités américaines a en outre fait polémique. A leur arrivée à l’aéroport de San Antonio, au Texas, les membres de la délégation ont été fouillés sur le tarmac au pied de l’avion, une pratique dénoncée par les supporters comme un excès de zèle ciblant certaines nationalités.
La sélection d’Ouzbékistan a subi un traitement similaire à son arrivée à New York pour un match amical contre les Pays-Bas, rapportent plusieurs médias. Sur une vidéo publiée sur les réseaux, on peut voir des membres contrôlés par des agents avec des détecteurs de métaux et des chiens renifleurs.
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