Parce qu’il le voit grappiller un point par-ci, un point par-là, un observateur très optimiste pourra toujours arguer que, mine de rien, Servette avance. Au soir du 8 février, les Grenat disposaient en effet de 25 unités en poche. Ils en ont 28 désormais, soit trois de plus cueillies à travers autant de matches nuls qui portaient assez bien leur nom, à Lugano, Lausanne (merci Stevanovic!) et contre Saint-Gall. Un petit écart est ainsi à nouveau creusé avec la 11e place de Grasshopper et un gouffre sépare dorénavant les Genevois de Winterthour, 12e. La chance du SFC – club dont un supporter s’est tristement illustré en mettant le feu à la région lémanique – réside sans doute dans le fait que la lanterne rouge signe une saison épouvantable, qui devrait épargner tous les autres clubs de Super League d’une relégation directe.
26e journée, Servette – St-Gall (1-1): le résumé de la rencontre / Football – Super League / 1 min. / samedi à 18:00
Mais au-delà de ça, on a beau nous faire croire à chaque sortie qu’un chemin se dessine, qu’un déclic est arrivé (ou va arriver), Servette ne va concrètement pas mieux qu’il y a quatre mois. Pas forcément mieux non plus qu’au moment du licenciement de Thomas Haeberli. Pour savoir si Jocelyn Gourvennec est l’homme de la situation, ou plutôt l’homme d’une situation, il faudra probablement attendre la saison prochaine, pour voir comment est-ce que le Breton construira son groupe, comment il le dessinera et ce qu’il pourra faire avec des joueurs que lui-même aura choisis, ce qui n’est le cas pour aucun des éléments qu’il a actuellement sous la main.
Chacun peut donc gentiment se préparer à ce que l’annus horribilis des Grenat s’étende jusqu’au bout du bout de cette saison. Mais ce n’est pas pour autant que Timothé Cognat et ses partenaires doivent prendre à la légère la réception de Sion le 28 février et le déplacement du 3 mars à Winterthour. Sur ces deux rendez-vous, Servette peut sauver un petit quelque chose essentiel pour la suite: sa fierté.