Alerte à la pénurie de moteurs ! Loin de s’atténuer, les problèmes techniques autour des moteurs de l’américain Pratt & Whitney (groupe RTX) prennent de l’ampleur, perturbant l’amont et l’aval de la filière aéronautique. La sortie récente du patron d’Airbus, Guillaume Faury, jeudi 19 février, à l’occasion de la présentation des résultats du groupe, en est la preuve. En raison du manque de moteurs, l’avionneur a dû revoir ses objectifs de livraisons. Le dirigeant a dit regretter que le motoriste « ait décidé de réaffecter davantage d’activité en direction des avions en service au détriment d’Airbus ».
Il faut dire que Pratt & Whitney transpire à grosses gouttes – sous la pression des compagnies aériennes – pour permettre aux appareils existants de voler, réduisant de fait sa capacité à répondre aux besoins d’Airbus pour l’assemblage de nouveaux appareils.
La pollution par des poudres métalliques détectées sur ses moteurs de la famille GTF dès 2023 a en effet entraîné une immobilisation au sol de 600 à plus de 700 avions et a généré un manque de moteurs sur un marché en pleine expansion. « En coulisses, nous avons entendu plusieurs affaires concernant des compagnies aériennes prises au dépourvu et qui peinent à trouver des solutions à long terme », confirme Mike Stengel, expert aéronautique travaillant pour le cabinet américain AeroDynamic Advisory.
Air France contraint d’immobiliser 7 A220
Mi-février, la compagnie Air France faisait ainsi état de 7 A220 immobilisés (sur une flotte d’une cinquantaine d’appareils), tous parqués à l’aéroport de Toulouse-Francazal. Des appareils dépourvus de moteurs, que l’on appelle des « coques ». Certains moteurs sont en attente de maintenance et ceux en état de fonctionner servent de moteurs de rechange pour le reste de la flotte.